Sanctionnée par Moody's et Standard & Poor's, la banque Credit Suisse plonge à la Bourse

Les agences de notation Moody's et Standard & Poor's ont toutes deux dégradé la banque Credit Suisse compte tenu de la délicate restructuration que la banque va devoir mettre en oeuvre dans un environnement marché plus difficile.

La Libre Eco avec AFP
A 14H00 GMT, l'action perdait 5,85 % à 5,21 francs suisses.
A 14H00 GMT, l'action perdait 5,85 % à 5,21 francs suisses. ©Shutterstock

L'agence Moody's a abaissé d'un cran la note de la banque, secouée par des scandales à répétition, à Baa2 (contre Baa1 auparavant) pour sa dette sénior et à A2 (contre A1 précédemment) pour sa dette à long terme, indique-t-elle dans un communiqué. Elle a également maintenu sa perspective à "négative"à la suite des "larges pertes financières" publiées par Credit Suisse la semaine passée.

L'agence de notation a justifié cette décision au regard de l'environnement macroéconomique "plus difficile" que la banque va devoir affronter pour mener à bien le repositionnement de sa banque d'affaires, qui donne de surcroît des signes "d'érosion de sa part de marché"."Stabiliser le groupe sous la conduite d'un nouveau conseil d'administration et d'une nouvelle équipe dirigeante va demander du temps", a jugé l'agence de notation américaine.

Scandales successifs

La semaine passée, Credit Suisse a dévoilé une perte bien plus lourde que prévu pour le deuxième trimestre malgré un avertissement sur ses résultats début juin.

Comme d'autres banques, Credit Suisse a subi le contrecoup de la baisse des marchés depuis l'invasion de l'Ukraine. Mais ses résultats ont également été grevés par de lourdes provisions pour litiges à l'heure où le numéro deux du secteur bancaire helvétique tente de redresser sa banque d'investissement après les scandales qui se sont enchaînés depuis la faillite de la société britannique Greensill et l'implosion du fonds américain Archegos en mars 2021.

Malgré des ratios de capitalisation "solides", mais "décroissants", les analystes de Moody's relèvent le risque de "charges supplémentaires" pour litiges qui pourraient "retarder" encore le retour à la rentabilité. Dans la foulée de ces résultats, la banque a annoncé la nomination d'un nouveau directeur général, Ulrich Körner, considéré comme un spécialiste des restructurations.

Si la banque avait déjà dit vouloir alléger la voilure dans la banque d'investissement, en particulier dans les services aux fonds spéculatifs, les analystes de Standard & Poor's notent cependant que la gestion de fortune a elle aussi donné "des signes" de faiblesse durant le premier semestre.

Des perspectives peu réjouissantes

L'agence Standard & Poor's a pour sa part laissé sa note de crédit inchangée, à BBB pour le groupe et A/A-1 pour sa filiale suisse mais a abaissé la perspective à "négative", contre "stable" auparavant.

"Jusqu'à ce qu'ils soient résolus", les problèmes hérités du passé intensifient les incertitudes autour de la banque et "entachent la réputation du groupe", estiment les analystes de Standard & Poor's qui craignent que l'écart ne se creuse avec les autres banques dans ce contexte de marché marqué par de "forts vents contraires"."Nous voyons des risques d'exécution significatifs dans la stabilisation de la banque", jugent-ils.

A 14H00 GMT, l'action perdait 5,85 % à 5,21 francs suisses alors que le SMI, l'indice phare de la Bourse suisse, reculait de 0,29 %.