Le baril de pétrole retombe sous les 90 dollars

Il s'agit de son niveau le plus bas depuis le début de la guerre en Ukraine.

La Libre Eco avec AFP
Le baril de pétrole retombe sous les 90 dollars
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Le pétrole WTI américain est repassé jeudi sous les 90 dollars le baril, un plus bas depuis février avant l'invasion russe de l'Ukraine, la référence du brut aux États-Unis annulant ainsi tous ses gains générés par la guerre.

Vers 13H20 GMT (15H20 à Paris), le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain perdait 0,87 % à 89,86 dollars, quand son homologue européen, le Brent de la mer du Nord, baissait de 1,22 % à 95,58 dollars le baril.

Parallèlement, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+) ont annoncé mercredi une augmentation de leur volume total de production d'à peine 100 000 barils par jour pour septembre, "ce qui ne fait rien pour le marché, mais constitue une sorte de concession aux appels lancés à l'Arabie saoudite pour qu'elle en fasse plus", a relevé Neil Wilson, analyste à Markets.com.

"Il est évident que cette augmentation, largement symbolique, ne permettra pas d'amortir de manière significative un éventuel choc de l'offre, mais l'équilibre pétrolier ne se resserrera pas non plus", résume Tamas Varga, de PVM Energy. L'analyste rappelle que le cartel échouant régulièrement à remplir ses objectifs, "le groupe de producteurs pourrait tout simplement ne pas être en mesure d'augmenter considérablement sa production". Ainsi, l'annonce d'une augmentation "inattendue et irréalisable aurait pu nuire à la crédibilité du groupe", argue-t-il.

Les prix ont immédiatement rebondi à l'annonce de la décision, avant de plonger face aux données hebdomadaires sur les réserves commerciales de brut aux États-Unis."Les prix du pétrole sont un peu plus bas aujourd'hui après avoir chuté la veille en raison d'une augmentation surprise des stocks" américains, commente Craig Erlam, analyste chez Oanda.

L'augmentation des stocks de 4,5 millions de barils "a pris le marché au dépourvu, alors que les prévisions tablaient sur une légère baisse", explique l'analyste.

Pour Stephen Innes, de SPI AM, la réponse des prix aux données américaines reste "disproportionnée". "Face à la menace d'un ralentissement économique, les traders semblent avoir besoin de peu de justification pour (...) rester les bras croisés", fait remarquer l'analyste.