La technologie plombe Wall Street, qui ouvre en baisse

L'indice Nasdaq perdait 1,02% à l'ouverture.

La Libre Eco avec AFP
La technologie plombe Wall Street, qui ouvre en baisse
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La Bourse de New York évoluait en nette baisse après l'ouverture vendredi, plombée par la technologie, le marché obligataire se tendant tandis que le dollar grimpait, après que plusieurs membres de la Fed se sont montrés jeudi déterminés à poursuivre la hausse des taux.

Vers 14H15 GMT, le Dow Jones lâchait 0,79%, le Nasdaq plongeait de 1,72% et le S&P 500 de 1,08%.

Jeudi, les indices avaient été légèrement positifs. Le Dow Jones avait grappillé 0,06%, à 33.999,04 points, l'indice Nasdaq, à forte composition technologique, avait pris 0,21%, à 12.965,34 points et l'indice élargi S&P 500 avait gagné 0,24%, 4.283,74 points.

"Wall Street digère les commentaires de plusieurs responsables régionaux de la Fed", qui ont insisté sur la nécessité de poursuivre les tours de vis monétaires pour juguler l'inflation, ont résumé les analystes de Wells Fargo.

Le président de l'antenne régionale de la Fed de St Louis, James Bullard, connu pour ses positions favorables à une politique monétaire restrictive, a indiqué "pencher à ce stade, vers les 75 points de base", soit trois-quarts de point de pourcentage, comme lors des précédentes réunions.

Il voit les taux directeurs américains atteindre 3,75%-4,00% au lieu de 2,25%-2,50% aujourd'hui.

Les investisseurs fuyaient les actifs à risque et se réfugiaient vers les bons du Trésor dont le prix évolue à l'inverse des rendements.

Ceux à 10 ans grimpaient fortement à 2,97% contre 2,88% la veille, au plus haut depuis un mois, de même que le dollar, valeur refuge par excellence qui faisait un bond de 0,56% pour le dollar index.

Les rendements obligataires "grimpent à travers le monde et cela affecte les actions", indiquait à l'AFP Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Il notait aussi "le dollar très fort qui met le yen japonais et l'euro sous pression". "On dirait que l'euro va glisser sous la parité", prévenait-t-il.

Dollar très fort

A 108,08 points, le dollar index, qui compare le billet vert à un panier d'autres grandes monnaies, frôlait son plus haut en plusieurs décennies atteint le 14 juillet dernier.

Le Nasdaq, où sont concentrées nombre d'actions technologiques, des actifs plus risqués très sensibles aux hausses de taux, était le plus affecté.

Meta (Facebook) perdait 2,47%, Alphabet (Google) 1,89%, Tesla également.

Quant à Apple, qui par ailleurs a découvert une faille de sécurité sur ses iPhones et iPads qui "pourrait avoir été activement exploitée" par des pirates informatiques, il cédait 0,46%.

Le titre très spéculatif de la chaîne de magasins d'articles pour la maison en difficulté, Bed Bad and Beyond s'écroulait sur le Nasdaq de 43% à 10,64 dollars après la défection d'un de ses principaux actionnaires.

Ryan Cohen, le patron de la chaîne de magasins de jeux video, GameStop --une autre action virale-- s'est délesté d'une participation de quelque 11,8% dans la compagnie. Plus tôt dans la semaine, il avait révélé avoir acquis cette participation, ce qui a fait croire aux investisseurs qu'il allait être un partenaire à long terme et a fait doubler la valeur du titre en quelques jours. Certains investisseurs se sont estimés trompés et réclament une enquête du gendarme de la Bourse, la SEC.

Autre déconfiture, le distributeur en ligne d'ameublement Wayfair chutait de 13,80%, alors qu'il va licencier 870 personnes, soit 5% de ses effectifs.

Deere & Co, le numéro un mondial des machines agricoles, perdait 2% après avoir réduit ses prévisions de résultats annuels. Le groupe a fait part de difficultés dans la chaîne d'approvisionnement et de hausses de coûts de production.

Actif à risque par excellence, le bitcoin chutait de 8,60% à 21.402 dollars vers 14H15 GMT. La monnaie virtuelle a perdu 2.000 dollars ces dernières vingt-quatre heures.