"Peut-être la plus grande crise énergétique de l'Europe depuis au moins une génération"

Si le cours du pétrole cessait sa remontée, celui de gaz ne montrait aucun signe de ralentissement ce vendredi. La guerre en Ukraine couplée à la hausse de la demande continuaient de faire grimper les prix.

La Libre Eco avec AFP
Le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, a fini quant à lui jeudi à 241,00 euros le mégawattheure (MWh), record historique de clôture, et poursuivait sa hausse en gagnant 1,61 % à 245,41 euros.
Le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, a fini quant à lui jeudi à 241,00 euros le mégawattheure (MWh), record historique de clôture, et poursuivait sa hausse en gagnant 1,61 % à 245,41 euros. ©AFP

Les cours du pétrole interrompaient ce vendredi leur rebond entamé deux séances plus tôt, le marché restant focalisé sur les perspectives de croissance mondiale médiocres, tandis que les prix du gaz en Europe restaient soutenus après un nouveau record en clôture la veille.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, cédait 1,31 % à 95,32 dollars vers 09H35 GMT (11H35 à Paris) et celui du baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour échéance en septembre, perdait 1,27 %, à 89,35 dollars.

Le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, a fini quant à lui jeudi à 241,00 euros le mégawattheure (MWh), record historique de clôture, et poursuivait sa hausse en gagnant 1,61 % à 245,41 euros vendredi. Outre la réduction du débit venu de Russie, l'Europe connaît actuellement une forte demande de gaz et une production réduite en raison de la canicule qui persiste."Ceci pourrait être la plus grande crise énergétique de l'Europe depuis au moins une génération", prévient John Plassard, analyste chez Mirabaud.

Moins dépendant du marché européen, les prix du pétrole flanchaient."Il y a énormément de raisons de parier sur une baisse. Mais les acteurs du marché semblaient les avoir oubliées depuis deux séances", commente Stephen Brennock, analyste chez PVM. Il souligne que les volumes sont particulièrement peu étoffés cet été, ce qui favorise une volatilité accrue des prix et pousse l'analyste à donner peu de crédit au rebond entamé mercredi après une baisse surprise des stocks américains.

"Une récession mondiale qui détruirait la demande reste la principale inquiétude, avec des données peu encourageantes venues de la zone euro et de Chine", ajoute-t-il.

Vendredi, la vigueur du dollar, dopé par la perspective d'un durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis, pesait également sur le pétrole. Comme le billet vert est la devise de référence du marché pétrolier, sa hausse pèse sur le pouvoir d'achats des investisseurs qui utilisent d'autres devises.