L'œil du marché : "Le temps va s'arrêter aujourd'hui, quand Jerome Powell prendra la parole"

Les marchés boursiers progressaient dans l'ensemble vendredi, au deuxième jour du symposium de Jackson Hole où se retrouvent les banquiers centraux dont le patron de la Fed qui fera un discours très attendu depuis le début de la semaine par les investisseurs.

La Libre Eco avec AFP
L'œil du marché : "Le temps va s'arrêter aujourd'hui, quand Jerome Powell prendra la parole"
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Les places européennes ont ouvert en légère hausse, poursuivant le rebond entamé mercredi. Vers 7H40 GMT, la Bourse de Francfort prenait 0,51 %, la Bourse de Paris 0,46 %, la Bourse de Londres 0,45 % et Milan 0,36 %. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles perdait 0,28 % à 3 721.57 points.

En Asie, Tokyo a gagné 0,57 %, et Hong Kong prenait 0,85 % dans les derniers échanges. La Bourse de Shanghai a toutefois essuyé une légère perte (-0,31%).

La veille, la Bourse de New York a terminé en hausse, stimulée par des indicateurs meilleurs qu'attendu et plutôt sereine quant au discours du président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, prévu vendredi à 14H00 GMT. Le Dow Jones a gagné 0,98 % l'indice Nasdaq, 1,67 % et l'indice élargi S&P 500, 1,41 %.

"Le temps va s'arrêter aujourd'hui, quand Jerome Powell prendra la parole au début de la réunion de Jackson Hole", affirme Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.

Depuis son dernier discours lorsque la Fed a remonté ses taux directeurs de 75 points de base fin juillet, les investisseurs ont en grande partie parié que l'institution atténuerait progressivement la vigueur de son resserrement monétaire pour éviter de frapper trop fort l'activité économique.

Ce scénario est à présent remis en question par une partie des marchés et il est "dans l'intérêt de Jerome Powell de rester terre-à-terre et de se concentrer sur l'inflation car la hausse des marchés alimenterait davantage l'inflation", estime Mme Ozkardeskaya. Pour Michael Hewson, analyste chez CMC Markets, le patron de la Fed "se retrouve dans la situation plutôt difficile de devoir accompagner en douceur la baisse des marchés" alors que ceux-ci doivent se faire à l'idée d'un contexte macroéconomique moins bon qu'envisagé.

Parmi les indicateurs que les investisseurs pourront se mettre sous la dent d'ici l'intervention du chef de la Fed, plusieurs concernaient le contexte macroéconomique de plus en plus dégradé en Europe où l'inflation persiste, alimentée par la forte hausse des prix du gaz et les tensions avec la Russie liées à la guerre en Ukraine.

Le moral des consommateurs allemands devrait continuer de s'enfoncer en septembre, tiré vers le bas par la perspective d'une nouvelle augmentation de la facture énergétique cet hiver, d'après l'institut GfK tandis qu'au Royaume-Uni, les Britanniques ont appris la hausse de 80 % à partir d'octobre du plafond tarifaire de l'énergie.

En France néanmoins, le moral des ménages a légèrement rebondi en août après sept mois consécutifs de baisse. Jeudi, le prix du gaz naturel européen sur le marché de référence, le TTF néerlandais, a clôturé à 321,414 euros le mégawattheure, un nouveau record de clôture. Vers 7H35 GMT vendredi, il baissait de 5,84 % à 302,005 euros.

Le nœud se desserre autour de GSK et Sanofi

Les titres des deux géants pharmaceutiques, Sanofi (France) et GSK (Royaume-Uni) progressaient de respectivement 2,45 % et 1,87 % vers 7H45 GMT alors que les inquiétudes des investisseurs quant aux conséquences financières d'un litige autour d'un traitement s'amenuisait.

Des analystes ont amélioré leur appréciation des deux entreprises après des rebondissements judiciaires aux Etats-Unis, a rapporté l'agence Bloomberg. Le traitement au cœur de l'affaire, le Zantac, longtemps vendu aux Etats-Unis et au Canada contre les brûlures d'estomac, a été retiré du marché en 2019.

Du côté du pétrole et des devises

Les cours du pétrole reprenaient leur montée vendredi.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, pour livraison en octobre, gagnait 1,18 % à 100,51 dollars vers 7H30 GMT. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), son homologue américain, pour livraison le même mois, prenait 1,19 % à 93,62 dollars.

L'euro demeurait en dessous de la parité avec le billet vert à 0,9971 dollar (-0,04 %). Le bitcoin baissait de 1,08 % à 21.414 dollars.