Les Bourses mondiales en souffrance : "Pour la Réserve fédérale américaine, le travail n'est pas fini"

Les Bourses mondiales restaient pénalisées mercredi par la persistance de l'inflation américaine qui fait craindre aux investisseurs une intensification du cycle de resserrement monétaire aux Etats-Unis.

La Libre Eco avec AFP
"C'est une mauvaise nouvelle pour le marché qui avait parié sur une amélioration assez sensible de l'inflation", commente un économiste.
"C'est une mauvaise nouvelle pour le marché qui avait parié sur une amélioration assez sensible de l'inflation", commente un économiste. ©Shutterstock

Les places européennes souffraient ce mercredi matin, la Bourse de Paris (-0,69 %), la Bourse de Francfort (-0,52%) et la Bourse de Londres (-0,94 %) à 7H30 GMT, après avoir été coupées dans leur élan la veille en l'absence du ralentissement espéré de l'inflation aux Etats-Unis. Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles stagnait presque à -0,04 %, à 3 638.22 points vers 10H05 (8H05 GMT).

En Asie, les bourses de Tokyo et Hong Kong ont perdu plus de 2 %. Shanghai a lâché 0,8 %.

Les indices de la Bourse de New York ont plongé mardi à l'annonce de l'indice des prix à la consommation CPI, qui a révélé une légère hausse de 0,1 % des prix en août sur un mois, contre une baisse de même ampleur attendue par les économistes. Et sur un an, l'augmentation des prix a ralenti moins que prévu.

"C'est une mauvaise nouvelle pour le marché qui avait parié sur une amélioration assez sensible de l'inflation" et "cela montre que pour la Réserve fédérale américaine (Fed), le travail n'est pas fini", a commenté Christian Parisot, économiste et responsable de la recherche pour Aurel BGC.

"Cela justifie pleinement que la Fed hausse ses taux de 75 points de base la semaine prochaine et qu'elle maintienne un ton toujours assez agressif sur l'inflation", ajoute-t-il, même si "ça ne remet pas en cause les anticipations de tassement de l'inflation" dans les prochains mois.

L'inflation avait atteint en juin son plus haut niveau depuis plus de 40 ans, avant de ralentir en juillet. Les investisseurs, qui espéraient une pause prochaine du durcissement monétaire, redoutent désormais que la banque centrale américaine (Fed) ne décide, pour enrayer l'inflation, d'augmenter ses taux directeurs d'un point de pourcentage lors de sa prochaine réunion, les 20 et 21 septembre, ravivant le spectre d'une récession aux Etats-Unis.

Elle les a relevés de trois quarts de point de pourcentage en juin et en juillet pour freiner l'activité économique afin de desserrer la pression sur les prix, quitte à provoquer une récession et une hausse du chômage.

Dans ce contexte, les investisseurs suivront les prix à la production américains attendus à 12H30 GMT. Au Royaume-Uni, le taux d'inflation a baissé en août à 9,9 % sur un an, après 10,1 % en juillet, mais il reste à un plus haut en 40 ans et la hausse des prix de l'alimentation s'est poursuivie.

Fosun au plus bas en près de dix ans

L'action Fosun, le conglomérat privé chinois maison mère du Club Med, a chuté mercredi à son niveau le plus bas depuis près de dix ans après l'annonce par les médias d'un examen de ses dettes par les autorités de régulation et malgré le démenti du groupe.

La société principale du groupe, Fosun International Limited, a perdu jusqu'à 9,6% à Hong Kong en milieu de séance pour s'échanger à 4,41 dollars hongkongais, son plus bas niveau depuis novembre 2012.

Bond du bénéfice d'Inditex (Zara)

Le géant espagnol du vêtement Inditex, propriétaire de la marque Zara, a vu ses profits bondir de 41 % au premier semestre, malgré la forte inflation et la fermeture de ses boutiques russes décidée en raison de la guerre en Ukraine. L'action grimpait de 4,15 % à 22,86 euros vers 07H20 GMT.

Pétrole et dollar en baisse

Les prix du pétrole continuaient de fléchir: le baril de WTI américain perdait 1,05 % à 86,42 dollars vers 07H15 GMT et le baril de Brent de la mer du Nord cédait 1,13 % à 92,09 dollars. Sur le marché des changes, le dollar descendait à 143,46 yens vers 07H15 GMT contre 144,58 yens mardi à 21H00 GMT.

Le yen s'est sensiblement apprécié à la suite d'informations de presse selon lesquelles la Banque du Japon (BoJ) aurait sondé mercredi des opérateurs du marché des changes, une action rarissime souvent considérée comme un signe annonciateur d'une éventuelle intervention de l'Etat japonais sur ce marché pour soutenir le yen, qui évolue actuellement à ses plus bas niveaux face au dollar depuis 24 ans.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la BoJ n'a pas souhaité commenter ces informations. L'euro s'échangeait pour 0,9988 dollar contre 0,9969 dollar mardi à 21H00 GMT.