"Hideuse est un mot juste pour décrire la tendance du marché ce jeudi matin"

Les Bourses européennes reculaient à l'ouverture alors que la banque centrale américaine (Fed) est déterminée à intensifier sa lutte contre l'inflation, ayant écarté la veille la possibilité d'une baisse de ses taux avant 2024.

La Libre Eco avec AFP
Net repli des Bourses européennes, qui doivent digérer la réunion de la Fed.
Net repli des Bourses européennes, qui doivent digérer la réunion de la Fed. ©Shutterstock

Les marchés boursiers européens sont en forte baisse à l'ouverture de la séance de jeudi, après la décision de la banque centrale américaine sur les taux d'intérêt mercredi. Le Bel 20 à la Bourse de Bruxelles perd environ 1,75 % et passe sous la barre des 3 500 points. Toutes les actions de l'indice vedette sont dans le rouge.

A 9H00, les Bourses de Paris (-1,70%) et de Francfort (-1,84%) ont ouvert en très net repli. Londres lâchait 0,92% dans les premiers échanges. Les indices européens avaient fini en territoire positif la veille, avant la communication de la Fed.

"Hideuse est un mot juste pour décrire la tendance du marché ce matin. Le mouvement de vente va probalement se poursuivre", observe Ipek Ozkardeskaya, une analyste de Swissquote Bank.

La banque centrale américaine a relevé mercredi de 0,75 point de pourcentage son taux directeur, comme en juin et juillet, pour le porter à une fourchette allant de 3% à 3,25%.

Les investisseurs n'ont pas été surpris par ce resserrement monétaire, qui était attendu, mais par la ligne dure adoptée par la Fed dans ses nouvelles projections en matière d'évolution des taux.

Les deux tiers des membres de la Fed voient le taux directeur monter au-dessus de 4,50% l'an prochain, alors que les opérateurs envisageaient jusqu'ici majoritairement qu'il resterait en deçà de ce seuil.

Les banquiers centraux de Washington écartent aussi la possibilité d'une baisse de ce taux avant 2024, alors que les investisseurs tablaient eux sur une détente durant le deuxième semestre 2023.

La Fed, qui a remonté cinq fois ses taux depuis mars, répète être déterminée à ramener l'inflation à 2%, même si le marché de l'emploi doit en pâtir, estimant qu'"un assouplissement prématuré de la politique" monétaire aurait un coût économique encore plus considérable.

"La Fed maintiendra l'économie américaine en sous-régime pendant une période suffisamment longue pour éradiquer l'inflation", et "en assume le coût économique, notamment pour le marché de l'emploi (...)", note le cabinet de recherche économique Riches-Flores.

La banque centrale américaine prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut quasi-nulle en 2022 (+0,2%), quand elle tablait, en juin, sur +1,7%. Elle la voit rebondir ensuite à 1,2% en 2023.

Les prévisions d'inflation, en revanche, restent proches de ce qui était attendu en juin : 5,4% en 2022 (contre 5,2%) pour l'indice PCE de l'inflation, avant de fortement ralentir en 2023, à 2,8% (contre 2,6% précédemment).

Confrontée à une inflation qui persiste au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre devrait à son tour annoncer jeudi une nouvelle hausse substantielle de son taux directeur, à 2,25% soit une hausse de 0,5 point de pourcentage, comme en août, ce qui était une première depuis 1995.