Wall Street ouvre en légère baisse, continue de digérer la communication de la Fed

La banque centrale américaine a prévenu les investisseurs que les taux iraient plus haut, et plus longtemps.

La Libre Eco avec AFP
Wall Street ouvre en légère baisse, continue de digérer la communication de la Fed
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La Bourse de New York évoluait en baisse peu après l'ouverture jeudi, toujours sonnée par le coup de tonnerre de la banque centrale américaine (Fed), qui a prévenu mercredi le marché que les taux iraient plus haut, et plus longtemps, qu'il ne le prévoyait.

Vers 14H10 GMT, le Dow Jones perdait 0,42 %, le Nasdaq lâchait 0,98 %, et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,66 %.

Durant les premières minutes de la séance, le Dow Jones a effectué de nombreux allers-retours entre positif et négatif, en panne de direction.

"Le marché est tellement agité qu'il est difficile de comprendre ce qu'il s'y passe", a commenté Karl Haeling, de la banque LBBW, pour qui les investisseurs sont en train de se repositionner à l'aune de la communication de la Fed, mercredi.

La Réserve fédérale a relevé mercredi son taux directeur de 0,75 point de pourcentage, pour le porter à une fourchette allant de 3 % à 3,25 %.

Ses membres ont également signalé qu'ils voyaient ce taux grimper au-dessus de 4,50 % l'an prochain, et pris ainsi de cours le marché, qui voyait ce seuil comme une limite.

Autre déconvenue pour Wall Street, les banquiers centraux excluent toute baisse de ce taux avant 2024, alors que les opérateurs tablaient jusqu'ici sur une première réduction dès le second semestre 2023. Les traders parient désormais majoritairement sur une nouvelle hausse de 0,75 point lors de la prochaine réunion de la Fed, les 1er et 2 novembre, alors qu'ils n'envisageaient même pas ce scénario il y a un mois.

Quant au pic, ils l'attendent en mars, entre 4,75 % et 5 %, selon le modèle de la Bourse CME, basée sur les contrats à terme.

Après cette sortie choc, "le marché s'inquiète davantage du fait que la Fed et d'autres banques centrales fassent basculer l'économie dans une récession", selon Karl Haeling."Dans trois mois, si l'emploi n'a pas ralenti et que l'inflation est toujours élevée, la Fed réorientera les prévisions vers des taux encore plus élevés", a prévenu Chris Low, de FHN Financial, dans une note. "Où cela s'arrêtera-t-il ?"

Après une nouvelle séquence de montagnes russes mercredi, conclue par une contraction, les taux obligataires se cabraient de nouveau, sous l'influence de ces nouvelles projections de la Fed. Le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans bondissait à 3,67 %, contre 3,52 % la veille, un nouveau sommet depuis 11 ans. Le taux à 2 ans, plus représentatif des anticipations du marché en matière de politique monétaire, est lui allé jusqu'à 4,13 %, pour la première fois depuis près de 15 ans (octobre 2007).

"Il semble que les investisseurs se tiennent à l'écart", hors des actions et obligations, en attendant que passe l'orage, selon Karl Haeling. En attendant, "le marché est largement orienté par les fonds spéculatifs".

Déjà positionnés à la baisse sur le marché, "ils ne le sont pas encore à l'extrême. Il y a donc encore de la place pour des ventes", signale l'analyste.

A la cote

A la cote, le cours de Meta (-0,11 % à 141,96 dollars) réagissait peu à l'information du Wall Street Journal, selon lequel la maison mère de Facebook et Instagram prévoyait de réduire ses coûts de 10 %, ce qui passera par des suppressions d'emplois.

Le laboratoire Novavax dérapait de nouveau (-9,27 % à 23,47 dollars), après une première glissade mercredi, lesté par un abaissement de recommandation des analystes de JPMorgan, qui fait suite à la révision, en forte baisse, de l'objectif de chiffre d'affaires du groupe, début août.

Le club anglais de football Manchester United (-1,34 % à 13,30 dollars), coté à New York, pâtissait de la publication d'une perte nette de 115 millions de livres sterling pour son exercice 2021/22, due à une augmentation de ses coûts et à de moindres recettes du fait d'un parcours avorté en Ligue de champions.

Le groupe Darden Restaurants (-4,56 % à 125,29 dollars), qui contrôle notamment l'enseigne Olive Garden, souffrait après la publication d'un chiffre d'affaires trimestriel légèrement inférieur aux attentes et un bénéfice en baisse de 16 %, amputé, entre autres, par la hausse de 16 % du coût des denrées alimentaires et boissons.