La Fed a frappé fort mais les indices boursiers déclinent (encore)

Les banques centrales relèvent leurs taux, le dollar se renforce mais les Bourses mondiales voient toujours rouge.

La Libre Eco avec AFP
Les bourses ouvrent dans le rouge. -0,20% pour le BEL20.
Les bourses ouvrent dans le rouge. -0,20% pour le BEL20. ©Jean Luc Flemal

Les marchés d'actions continuent de souffrir vendredi, en réaction à la remontée des taux tous azimuts face à l'inflation et aux avertissements sur les risques de récession qui en découlent.

Les indices européens poursuivent leur recul de Paris (-0,40%), à Francfort (-0,61%) et de Londres (-0,58%) à Milan (-0,62%) vers 07H40 GMT. Le BEL20 diminue aussi de 0,70% avec 3 474.58 points.

En Asie, la place de Shanghai a reculé de 0,7% tandis que Hong Kong perdait 1,13% vers 07H40 GMT. Jour férié à Tokyo, la bourse n'ouvre pas ce vendredi.

Frapper vite et fort pour contrer l'inflation

Les investisseurs continuent à "évaluer le plan agressif de la Réserve fédérale américaine pour éradiquer l'inflation et ses implications pour la croissance économique mondiale", souligne John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud.

La Réserve fédérale américaine (Fed) et de nombreuses banques centrales dans le monde sont passées à l'offensive contre une inflation déchaînée en remontant leurs taux directeurs afin de freiner la hausse des prix par une baisse de la demande.

Elles partent du principe que laisser filer trop longtemps l'inflation aura un coût économique à long terme plus élevé que de frapper vite et fort même si cela comporte un risque de légères récessions.

La Fed donne le ton, les autres se mettent au diapason

Mercredi, la banque centrale américaine a donc relevé de 0,75 point de pourcentage son principal taux directeur, comme en juin et juillet, faisant aussi comprendre qu'il y aurait d'autres hausses à venir jusqu'à ce qu'elles viennent à bout de l'inflation et qu'il faudra attendre plus longtemps qu'escompté, pas avant 2024, pour un assouplissement de politique monétaire.

Dès le lendemain, des banques centrales de tous les continents, dont celles d'Indonésie, des Philippines et de Taïwan pour l'Asie, celles de Suisse et de Norvège pour l'Europe, ainsi que la banque centrale d'Afrique du Sud, ont également relevé leurs taux d'intérêt dans la foulée.

"Nous voyons ce nouveau chemin des taux toujours plus hauts pour plus longtemps associé à une probabilité d'atterrissage brutal sensiblement plus élevée" pour l'économie, commente Krishna Guha, vice-président de Evercore ISI.

Signe que les perspectives de récession prennent de l'ampleur, le phénomène dit d'inversion de la courbe des taux, qui signifient que les taux à court terme son supérieurs à ceux à long terme, ne cesse de s'accentuer.

L'écart positif entre le taux américain à 2 ans et le 10 ans n'a plus été aussi élevé depuis plus de 22 ans.

Face au dollar, les monnaies étrangères sont au plus bas

La hausse des taux américains se traduit par un continuel renforcement du dollar que les investisseurs plébiscitent en sa qualité de valeur refuge dans un contexte d'incertitudes.

Les investisseurs surveillent aussi tout développement sur le marché des changes après que le ministère des Finances japonais a déclaré jeudi être intervenu sur le marché pour soutenir le yen alors à ses plus bas niveaux en 24 ans. Le billet vert se négociait pour 142,26 yens vers 07H20 GMT.

Les analystes doutent cependant que cette intervention ait beaucoup d'impact sur le long terme et considèrent que le yen restera vulnérable tant que la Banque du Japon poursuit sa politique de soutien massif à l'économie, à rebours de la Fed.

La monnaie chinoise n'est pas la seule à boire la tasse. La livre sterling est a chuté à 1,1170 dollar, son niveau le plus bas depuis début 1985.

Les élections législatives en Italie, ce week-end, seront également surveillées de très près par les marchés, préoccupés par une victoire apparemment inéluctable de Giorgia Meloni, dirigeante du parti post-fasciste Fratelli d'Italia: un événement qui maintenait l'euro sous pression face au dollar (-0,65% à 0,9771 pour un dollar)

L'automobile en panne d'élan

A Francfort, Volkswagen perdait 2,52% à 141,36 euros, BMW 1,61% à 71,81 euros et Mercedes 1,72% à 54,25 euros. A Paris, Renault (-1,32%) et Stellantis (-1,29%) suivaient le même mouvement.

Du côté du pétrole

Les cours du brut évoluaient en baisse, le marché se montrant préoccupé par un scénario d'affaiblissement de la demande sur fond de menaces de récession.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, reculait de 1,40% à 89,18 dollars et celui du baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour échéance en novembre, perdait 1,02% à 82,64 dollars.