La valorisation boursière de Porsche devient la plus haute de tous les constructeurs européens

En l'espace d'une semaine, la valeur de Porsche a dépassé celle de sa maison-mère Volkswagen.

Van Campenhout Patrick
La valorisation boursière de Porsche devient la plus haute de tous les constructeurs européens
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La capitalisation boursière de Porsche a dépassé celle de sa maison-mère Volkswagen, une semaine après son introduction en Bourse. Une curiosité un peu attendue, tant la demande du marché était forte pour les actions du constructeur de voitures de sport cotées sous le “ticker” P911 en référence au modèle le plus mythique de la marque. Les actions Porsche cotaient jeudi 90,92 euros, en hausse de 3,18 %, ce qui confère au constructeur une capitalisation boursière de 82,83 milliards d’euros, contre 78,7 milliards d’euros pour Volkswagen. Cela signifierait que Porsche serait devenu le constructeur automobile européen le mieux valorisé, devant des marques comme Mercedes-Benz (57,2 milliards d’euros) ou BMW (47,5 milliards) ou encore Stellantis (39,7 milliards).

L'explication ? Pour la hausse du jour, il est question de gros achats effectués par des banques alors que l'action avait reculé près de son prix d'introduction. Selon l'agence financière Reuters, les banques liées à l'introduction boursière (IPO) auraient acheté pour 312,8 millions d'euros d'actions issues d'un complément de titres apportés à l'IPO dans le cadre d'un "green shoe" (surallocation).

Valorisation relative inconnue

En ce qui concerne la valorisation, il y a là un facteur indépendant des résultats, mais bien d’un excès de valorisation émotionnel. Les acheteurs veulent être au capital de Porsche, tout comme ils rêvent d’en conduire une. De plus, le constructeur allemand est une des entreprises du secteur les plus profitables, capable d’imposer des prix très élevés, notamment sur les modèles de sa gamme électrique. dont les prix dépassent souvent le cap des 100 000 euros. Cela étant, il y a peu de points de comparaison avec d’autres marques, puisque les chiffres le permettant (bénéfices nets) n’ont pas encore été diffusés. Il faudra pour s’en faire une idée, en comparant le prix de l’action aux bénéfices par action (price/earning ratio) que les analystes rompent le silence. Le marché achète un peu à l’aveugle.

Ferrari a montré l’exemple

Un exemple d’un tel engouement est à retrouver dans la valorisation des actions du constructeur italien Ferrari, introduit en Bourse en octobre 2015 à 52 dollars, qui cote actuellement autour de 190 dollars et se traite à près de 40 fois les bénéfices. Par comparaison, BMW se traite à 2,67 fois les bénéfices et Mercedes à 5,3 fois les bénéfices, et Volkswagen 3,9 fois.