KBC, le champion obligataire toutes catégories

La société de gestion KBC Asset Management a remporté les deux Sicav de Cristal décernées dans la classe d’actifs obligataires.

Isabelle de Laminne
"Les banques centrales du monde entier ont fait miroiter des hausses de taux d’intérêt afin de maîtriser rapidement l’inflation", rappelle Erwin Bastiaens, gérant du fonds KBC Renta Eurorenta.
"Les banques centrales du monde entier ont fait miroiter des hausses de taux d’intérêt afin de maîtriser rapidement l’inflation", rappelle Erwin Bastiaens, gérant du fonds KBC Renta Eurorenta. ©AFP

La première récompense est attribuée en obligations gouvernementales avec le fonds KBC Renta Eurorenta B Acc et la Sicav de Cristal en obligations d’entreprises est remportée par cette maison avec le fonds KBC Institutional Fund - Upper Grade Euro Corporate Bonds Classic Dis.

"Le calme relatif qui régnait sur les marchés obligataires a pris fin après le début de l'année. Les banques centrales du monde entier ont fait miroiter des hausses de taux d'intérêt afin de maîtriser rapidement l'inflation. Le rendement allemand à 10 ans a entamé sa plus forte hausse depuis 1994, passant de -0,18 % au début de l'année à 1,35 % à la fin du mois de juin. L'invasion de l'Ukraine par la Russie n'a que temporairement interrompu la progression des rendements, surtout lorsqu'il est apparu que la guerre aggravait l'inflation par la hausse des prix du pétrole et du gaz", constate Erwin Bastiaens, gérant du fonds KBC Renta Eurorenta.

Un rendement... négatif

Il faut souligner que la gestion d'un tel fonds dans un contexte de taux d'intérêt à la hausse n'est pas évidente. Bien que gagnant dans sa catégorie, le fonds a eu une performance négative. Il s'agissait donc, dans un contexte difficile d'amortir les pertes. "Dans un environnement de hausse des taux d'intérêt, la réduction de la sensibilité aux taux d'intérêt est de loin l'approche la plus efficace pour limiter les pertes de prix dans un portefeuille obligataire. Mais ce n'est certainement pas la seule option. Dans notre portefeuille, nous avons, en outre, pris trois initiatives visant à optimiser le profil risque-rendement pour nos clients. Chacune de ces options a un point commun : elles visent à réduire le risque du portefeuille, et certainement pas à l'augmenter. Quand il pleut, il faut s'abriter", reconnaît Erwin Bastiaens.

Ce fonds pratique donc une gestion active dynamique sur la sensibilité aux taux d'intérêt. La stratégie adoptée est aussi plus défensive qu'agressive. Mais avec de tels rendements comment les obligations d'État peuvent-elles encore jouer le rôle d'amortisseur dans les portefeuilles ? Ces obligations offrent une stabilité du capital. Les émetteurs sont plus solvables et bénéficient d'un bon score. Ces obligations sont aussi très liquides et sont un bon outil de diversification dans les portefeuilles. "Dans un portefeuille obligataire bien diversifié, les paiements périodiques de coupons constituent une source fiable de revenus. Le niveau global de revenu variera dans le temps, car les coupons des nouvelles obligations sont déterminés en fonction des taux d'intérêt en vigueur sur le marché. Ainsi, la hausse actuelle des taux d'intérêt entraîne des pertes de prix à court terme, mais garantit à plus long terme un revenu du coupon plus élevé pour les investisseurs en obligations", relève ce gestionnaire.

Des échéances plus courtes

Dans la gestion d'obligations d'entreprises, les défis ont aussi été nombreux. "La combinaison de la hausse des rendements et de l'élargissement des spreads des obligations d'entreprises a créé un environnement difficile pour ces dernières. Nous avons réussi à évaluer l'effet que l'inflation (et les prévisions d'inflation) allait avoir sur les décisions des banques centrales, et à mesurer l'effet de l'environnement économique plus difficile sur les sociétés qui ont des obligations d'entreprises en circulation. La seconde moitié de la période a été caractérisée par une liquidité nettement plus faible sur les marchés des obligations d'entreprises, ce que nous avons dû garder à l'esprit lors de la gestion des expositions des fonds d'obligations d'entreprises. Disposer d'une liquidité suffisante est presque primordial pour nos fonds", reconnaît Marcell Erdosi, gérant du fonds en obligations d'entreprises.

Dans un fonds obligataire et dans une période de taux d'intérêt à la hausse, le meilleur moyen de réduire les pertes est de réduire la "duration", c'est-à-dire l'échéance moyenne des obligations du portefeuille. Les obligations à plus courte échéance sont moins sensibles aux variations de la courbe des taux. Une bonne sélection des émetteurs est aussi un gage de succès dans ce type de fonds. Dans des marchés nerveux, ce gestionnaire adopte une approche très prudente pour préserver les intérêts de ses clients. La présence d'un fonds d'obligations d'entreprises dans un portefeuille diversifié permet en outre de diminuer les corrélations entre les actifs. "C'est pourquoi, en période de marchés nerveux, le fonds d'obligations d'entreprises de qualité supérieure constitue une alternative attrayante pour les clients, en trouvant un équilibre intéressant entre l'exposition aux caractéristiques des obligations d'entreprises et l'accès aux émetteurs les mieux notés", conclut Marcell Erdosi.