Qu'attendre des marchés après la démission de Liz Truss ? Au moins, "tout cet aventurisme est fini"

Si la ligne politique de Liz Truss avait déstabilisé les marchés, les investisseurs britanniques doivent encore être rassurés.

Charlotte de Condé
AFP
Britain's Prime Minister Liz Truss reacts as she delivers a speech outside of 10 Downing Street in central London on October 20, 2022 to announce her resignation. - British Prime Minister Liz Truss announced her resignation on after just six weeks in office that looked like a descent into hell, triggering a new internal election within the Conservative Party. (Photo by Daniel LEAL / AFP)
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Après à peine six semaines tumultueuses au pouvoir, la Première ministre britannique Liz Truss vient d'annoncer sa démission. "Ce n'est pas surprenant", estime Eric Dor, Directeur des Etudes Economiques à l’IESEG School of Management de Paris et Lille. Son ministre des Finances Kwasi Kwarteng avait déjà été limogé vendredi dernier.

Plus impopulaire que jamais dans l'opinion, sans programme économique après l'humiliant renoncement aux baisses d'impôts et ayant dû se priver de deux de ses plus importants ministres, Liz Truss avait beau assurer qu'elle voulait rester en place, son maintien à Downing Street semblait bien compromis.

Cette démission est-elle une bonne nouvelle pour les investisseurs ? "D'une certaine manière, sa politique a déstabilisé les marchés - britanniques en tout cas. Elle n'avait pas été bien perçue par les marchés financiers, la livre s'était effondré" pendant sa courte législature. "Tout cet aventurisme est désormais fini."

Qui pour la remplacer ?

La prochaine étape est donc la nouvelle élection interne au sein du Parti conservateur, qui "a intérêt à trouver quelqu'un très vite et rassurer les marchés." Plusieurs noms circulent déjà pour succéder à Liz Truss, comme ceux de Rishi Sunak (ancien ministre des Finances), Jeremy Hunt (chancelier de l’Échiquier et remplaçant de Kwasi Kwarteng), Penny Mordaunt (ministre chargée des relations avec le Parlement) voire même Boris Johnson, le Premier ministre qu'elle a remplacé en septembre.

"Tous les scénarios sont encore possibles : si le parti conservateur se déchire pour trouver un successeur, les marchés pourraient s’inquiéter : on verrait alors la livre encore baisser et les taux d’intérêt, encore monter." Mais si la ligne politique du remplaçant de Liz Truss ne plaît pas aux investisseurs, la situation pourrait également se déstabiliser à nouveau.

Selon les derniers chiffres publiés mardi, l’inflation a atteint 10,1 % sur base annuelle au Royaume-Uni. Il s’agit d’un sommet en 40 ans.

Après une légère hésitation suite à l'annonce (-0,15 %), le FTSE-100 reprenait du poil de la bête vers 16H30 (CEST), grappillant 0,30 % dans un marché européen globalement dans le vert. La Livre, elle, gagnait environ 0,5% par rapport au dollar.