"Ce ne sera pas la fin des hausses de taux" : une politique monétaire stricte est nécessaire pour lutter contre l'inflation

Les Banques nationales vont à nouveau augmenter leur taux directeur, afin de lutter efficacement contre l'inflation.

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La Banque Centrale Européenne va continuer à relever les taux d'intérêt pour freiner l'inflation. ©JEAN LUC FLEMAL

La Banque centrale européenne (BCE) va continuer à relever les taux d'intérêt pour freiner l'inflation record en zone euro, ont déclaré mercredi les présidents des banques centrales d'Allemagne et d'Espagne dans une interview conjointe.

"Je suis convaincu que ce ne sera pas la fin des hausses de taux", a estimé Joachim Nagel, président de l'influente Banque fédérale d'Allemagne, dans une interview au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il reste un "long chemin" à parcourir car l'inflation est "persistante" et pour la réduire la politique monétaire "doit être encore plus stricte", a ajouté ce "faucon" du conseil des gouverneurs de la BCE.

Objectif : inflation de 2% maximum

Son homologue espagnol, Pablo Hernandez de Cos, souhaite "amener les taux d'intérêt à un niveau rendant possible le retour de l'inflation à notre cible à moyen terme de 2%", dans cette même interview. La présidente de la BCE Christine Lagarde a tenu des propos similaires dans une interview publiée lundi par le quotidien lituanien Delphi.

Jeudi dernier, le conseil des gouverneurs de la BCE, composé de 25 membres, a relevé ses taux directeurs de 0,75 point pour la deuxième fois consécutive. L'institution de Francfort est sous pression pour contenir une inflation record, alimentée par la flambée des prix des denrées alimentaires et surtout de l'énergie, dans le sillage de l'invasion russe de l'Ukraine.

"L'incertitude est énorme"

L'inflation dans la zone euro a frôlé les 10% en septembre, soit près de cinq fois l'objectif de 2% de la BCE, pendant que la croissance du PIB (produit intérieur brut) s'est nettement essoufflée à 0,2% de juillet à septembre.

Le conflit armé en Ukraine déclenché par la Russie fait que "l"incertitude est énorme" concernant les perspectives économiques, reconnait M. de Cos. Alors que le spectre d'une récession se rapproche, "personne ne sait jusqu'où nous allons augmenter les taux d'intérêt", ajoute-t-il. Il faudra "agir de manière décisive, comme nous l'avons fait lors des trois dernières réunions" de la BCE, a quant à lui plaidé M. Nagel.

L'autre chantier à venir de l'institut monétaire, qui va consister à réduire la taille de son bilan gonflé lors des années de crise, devra démarrer "au début de l'année prochaine", a-il martelé. Cela va consister à réduire l'imposant portefeuille obligataire "d'une manière préservant le marché, par exemple en laissant échoir les titres en portefeuille".