Taux directeurs: "il serait prudent d'y aller à plus petits pas"

Lisa Cook, une gouverneure de la Fed, a estimé qu'après les hausses de taux déjà opérées, "l'impact de la politique monétaire prendrait du temps".

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©Jean Luc Flemal

Une responsable de la Réserve fédérale américaine a jugé, dans un discours mercredi à Détroit, que la Fed devrait continuer à relever les taux directeurs "à plus petits pas".

Lisa Cook, une gouverneure de la Fed, a estimé qu'après les hausses de taux déjà opérées, "l'impact de la politique monétaire prendrait du temps". "Dans ces conditions, alors que nous nous approchons d'une destination incertaine, il serait prudent d'y aller à plus petits pas", a-t-elle dit alors que la banque centrale se réunit les 13 et 14 décembre pour décider d'un nouveau tour de vis monétaire pour combattre l'inflation.

Tout dépend de l'évolution de l'économie

La responsable, qui s'exprimait avant un discours du président de la Banque centrale Jerome Powell, ne s'est pas engagée sur son estimation du niveau final où les taux sur les fonds fédéraux pourraient être menés. "Quel taux serait suffisamment restrictif" pour juguler l'inflation, "on ne le saura qu'avec le temps en observant comment l'économie évolue", a indiqué Mme Cook.

Un des ses collègues, James Bullard, de la Fed de Saint-Louis, avait, lui, estimé mardi que ce taux final devrait se situer à 4,9%, ce qui implique de nouvelles hausses.

Entre 3,75 et 4% actuellement

Les taux au jour le jour se situent en effet entre 3,75% et 4% actuellement après être partis de presque zéro au début de l'année. Les marchés s'attendent à ce que le Comité monétaire relève ces taux d'un demi-point de pourcentage seulement, lors de la prochaine réunion dans deux semaines, après quatre hausses d'affilée de trois quarts de point de pourcentage.

Dans son examen de l'économie, Mme Cook estime que le dernier baromètre d'inflation (7,7% en octobre sur un an, selon l'indice CPI) "était encourageant", mais elle souligne que "les deux tiers des dépenses de consommation" des Américains "étaient dans les services" et que les prix dans ce secteur "ne s'étaient pas encore ralentis".