Avec un recul de plus de 18 % en 2018, la Bourse de Bruxelles a affiché la plus basse capitalisation boursière depuis 2013.

La capitalisation totale des actions cotées sur Euronext Bruxelles a fondu de 84 milliards d’euros en 2018, passant de 365 milliards fin 2017 à 281 milliards d’euros fin 2018, selon des chiffres publiés jeudi par Euronext.

La fin de 2018 a été particulièrement mauvaise sur les marchés boursiers, conduisant les principaux indices, dont le Bel20, à finir l’année dans le rouge. L’indice Bel20 a reculé de 18,4 % en 2018, les indices Bel Mid (-6,3 %) et Bel Small (-10,9 %) limitant davantage la casse.

Avec une capitalisation boursière totale ramenée à 281 milliards d’euros, la place boursière bruxelloise retombe à son plus bas niveau depuis 2013 (272 milliards d’euros). Parmi les 10 plus grosses capitalisations bruxelloises, AB InBev a perdu à elle seule 38 % de sa valeur en 2018, soit un coquet 60 milliards d’euros. RTL Group (-30 %) et Solvay (-24,7 %) ont également vu leur valeur boursière considérablement baisser au contraire de Colruyt (+37 %) et de Sofina (+26 %).

Quelques bonnes performances malgré tout

Si l’année boursière 2018 a été difficile pour l’investisseur, Euronext Bruxelles n’en a pas moins engrangé quelques bonnes performances. Le volume moyen journalier s’est élevé à 491 millions d’euros, en hausse par rapport aux 425 millions en moyenne en 2017. Le nombre moyen de transactions par jour a atteint de nouveau un record à 77 223. Enfin, le marché des options a atteint "un record absolu historique", souligne le CEO d’Euronext Bruxelles, Vincent Van Dessel, évoquant un "phénomène très belge, peut-être lié à une question de fiscalité".

En 2018, Euronext Bruxelles comptait 126 sociétés cotées, auxquelles s’ajoutent 27 entreprises étrangères cotées à la Bourse de Bruxelles. Quatre introductions en Bourse sont intervenues en 2018 dont celle de Shurgard (2,045 milliards d’euros), pour neuf "delistings" (sorties de la cote).

Les responsables d’Euronext Bruxelles ont formulé jeudi une série de priorités et recommandations à l’intention du prochain gouvernement fédéral. Ils demandent ainsi un cadre fiscal "stable" et que le gouvernement suivant continue à s’opposer à la taxe sur les transactions financières défendues par certains pays européens. Afin de réconcilier les petits investisseurs avec l’économie réelle, un "tax shift en matière d’investissement" est aussi souhaité, avec une réduction de l’avantage fiscal lié aux intérêts des comptes d’épargne (exemption de précompte immobilier) pour encourager les investissements et ceux qui prennent des risques. "Il n’y a aucune raison de subsidier les comptes d’épargne comme le gouvernement le fait", juge Vincent Van Dessel. "Il faut mettre l’avantage fiscal sur celui qui prend des risques."

Enfin, Euronext Bruxelles suggère que les entreprises publiques d’investissements, comme la SFPI, la SRIW ou Finance.Brussels, augmentent leurs investissements en collaboration avec le secteur privé et que les participations de l’État dans certaines entreprises soient évaluées prudemment "en suivant l’exemple des privatisations réussies dans les pays voisins", à l’instar de la privatisation de la banque néerlandaise ABN Amro.