La Bourse de New York reculait nettement à l'ouverture jeudi, rattrapée par les craintes liées aux conséquences de l'épidémie de Covid-19, au lendemain d'un fort rebond.

Vers 15H15 GMT, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, cédait 2,49%, à 26.417,62 points après avoir perdu jusqu'à 3,10%.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 1,96%, à 8.842,19 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, perdait 2,33%, à 3.057,18 points.

Wall Street avait salué mercredi avec enthousiasme le retour de Joe Biden au rang de favori des primaires démocrates face à Bernie Sanders, partisan d'une grande refonte du système d'assurance-maladie: entraînés par les valeurs du secteur de la santé, le Dow Jones avait grimpé de 4,53% et le Nasdaq de 3,85%.

L'impression que les autorités à travers le monde semblaient monter au créneau pour lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus et pour soutenir l'économie (comme l'a illustré la baisse des taux décidée en urgence par la banque centrale américaine mardi), avait aussi participé au regain de confiance des investisseurs ce jour-là.

Mais jeudi, "la propagation du coronavirus aux États-Unis, avec la Californie qui a déclaré l'état d'urgence, semble peser sur la conviction des investisseurs et empêche de prolonger la flambée d'hier", remarquent les analystes de Charles Schwab.

Dans le monde, plus de 96.000 cas connus ou avérés depuis le début de l'épidémie ont été recensés, dont 3.300 décès, dans 84 pays et territoires. Près de 300 millions d'élèves sont privés de classe et les mesures de confinement se multiplient.

"Il reste encore beaucoup de questions autour de l'efficacité des mesures de soutien à l'économie face à l'ampleur mondiale du problème sanitaire", avance Patrick O'Hare de Briefing.

"Le marché va continuer à attendre d'avantage de mesures de relance, ne serait-ce que parce que la propagation aux États-Unis - la plus grande économie du monde - ne fait que commencer", ajoute-t-il.

Secteur aérien laminé 

En attendant, la volatilité reste de mise sur le marché américain, où les indices fluctuent au gré des gros titres sur l'épidémie. Après avoir encaissé leur pire semaine depuis 2008, ils alternent chutes et rebonds depuis le début de la semaine.

Jeudi, les compagnies aériennes étaient particulièrement affectées alors que l'Association internationale du transport aérien (Iata) a estimé que la propagation de l'épidémie de Covid-19 pourrait coûter jusqu'à 113 milliards de dollars au secteur du transport aérien en 2020.

Signe du trou d'air du secteur, la compagnie britannique Flybe, déjà en difficulté, a cessé jeudi ses activités.

United Airlines, qui a annoncé mercredi un gel des embauches et le report des augmentations prévues de salaires pour répondre à la forte réduction de ses vols internationaux, chutait de 7,43%. American Airlines s'effondrait de 8,53%, JetBlue de 7,59% et Delta de 4,93%.

Le secteur de l'énergie était aussi lesté par le repli des cours du brut, qui continuaient à descendre alors même que les pays producteurs de l'Opep ont proposé une nouvelle coupe drastique de production de 1,5 million de barils et tentent d'obtenir le soutien de leur allié russe, réservé sur cette stratégie. ExxonMobil perdait 4,59%, Chevron 2,06% et ConocoPhillips 2,23%.

Signe de la ruée des investisseurs vers les actifs jugés moins risqués, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américains continuait à dégringoler et évoluait à 0,942% contre 1,052% la veille à la clôture.