La Bourse de New York tentait de repartir de l'avant à l'ouverture, le Nasdaq se redressant après sa plus plus forte chute depuis octobre la veille, du fait des anticipations d'inflation qui rendent les marchés nerveux.

Vers 15H00 GMT, le Nasdaq, à forte coloration technologique, très volatil, grimpait puis stagnait après sa baisse de 3,52 % la veille à 13.119,43 points, et un fort redémarrage à l'ouverture. Le Dow Jones lâchait 0,71 % à 31.150,65 points après avoir perdu 1,75 % jeudi. L'indice élargi S&P 500 prenait 0,21 % à 3.821,45 points après un repli de 2,49 % à la dernière clôture.

La forte progression des taux d'emprunt sur la dette publique - les bons du Trésor à 10 ans notamment -, est venue réveiller les craintes inflationnistes.

Le rendement des obligations d'Etat américaines à 10 ans s'établissait autour de 1,49% après avoir atteint jeudi un pic à 1,61 %, un niveau plus vu depuis février 2020.

Les investisseurs craignent une hausse rapide des prix, provoquée par une forte reprise de la croissance. Cela pourrait, selon eux, pousser la Banque centrale américaine (Fed) à rehausser ses taux directeurs ou ralentir ses achats d'actifs afin de juguler l'inflation.

"Une hausse des rendements est généralement perçue comme moins favorable aux valeurs de croissance, en particulier aux titres de la tech", notait Art Hogan, de National alors que ces groupes technologiques comptent sur des crédits à bas taux pour financer leur croissance et investir dans de nouveaux projets.

Au rang des bonnes nouvelles pour l'économie vendredi, les revenus des ménages américains ont bondi de 10 % en janvier par rapport à décembre, une hausse exceptionnellement élevée du fait du plan de relance accordé en décembre.

Leurs dépenses ont aussi affiché un progrès de 2,4% tandis que le taux d'épargne grimpe à plus de 20 %. La hausse des prix, selon l'indice PCE, le baromètre le plus suivi par la Fed, s'est inscrite à 0,3 % en janvier, contre +0,2 % attendu, soit 1,5 % sur un an, encore loin de l'objectif de la Fed de 2 %.

Boom de l'économie au printemps ?

Autant de données qui présagent un boom des dépenses et de l'économie au printemps.

"Pour l'avenir, nous prévoyons que le cocktail de généreux stimulus budgétaire du plan de soutien et l'amélioration des conditions sanitaires vont alimenter une explosion des dépenses de consommation", affirme Lydia Boussour, économiste pour Oxford Economics.

Vendredi, le gigantesque plan de soutien à l'économie voulu par Joe Biden, d'un montant de 1.900 milliards de dollars, doit en outre être soumis à un vote à la Chambre des représentants, où il a de fortes chances d'être approuvé par la majorité démocrate.

Parmi les actions du jour, Twitter grimpait de 2,15 % après avoir terminé en hausse de 3,71 % jeudi, alors que le groupe a affiché son objectif de doubler ses revenus d'ici fin 2023.

La progression du revendeur de jeux vidéo GameStop se poursuivait à un rythme toutefois un peu moins effréné (+16 %) que les deux dernières séances, le groupe restant l'objet d'achats spéculatifs.

Les titres pétroliers étaient à la baisse comme Chevron et ExxonMobil qui perdaient plus de 3 % dans le sillage d'un repli des cours de l'or noir.