Un Conseil agricole européen se tient ce lundi à Bruxelles. Les ministres de l'Agriculture y évoquent notamment l'accord commercial entre l'Europe et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). Cet accord, qui doit encore passer par un long processus de validation, concerne, entre autres, des produits agricoles, dont les importations et exportations seront facilitées par un relèvement des quotas, une suppression ou une diminution des droits de douane. De très nombreux agriculteurs européens se sentent menacés par ce possible futur traité commercial.

Le ministre fédéral de l’Agriculture Denis Ducarme (MR) a profité du Conseil Agripêche pour rencontrer le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan. Avec la France, la Pologne ou l'Irlande, la Belgique fait partie des pays qui ne sont pas très favorables à la signature de cet accord avec le Mercosur. Denis Ducarme a signifié à Phil Hogan "toute son inquiétude, notamment pour les secteurs bovins, du sucre, de la volaille et de l’éthanol", fait savoir son cabinet.

"Nos agriculteurs sont inquiets et cette inquiétude est totalement légitime. Il faut que la Commission européenne apporte rapidement des précisions sur la manière dont les pistes d’aides aux secteurs agricoles impactés suite à l’accord avec le Mercosur seront réparties en fonction des secteurs et des pays", déclare le ministre.

Denis Ducarme a demandé que la Commission européenne prenne "une position claire sur la manière dont elle entend lutter contre la concurrence déloyale dont les secteurs précités pourraient être victimes suite à la conclusion de l’accord". Et il souhaite des précisions quant à la clé de répartition de l’enveloppe de compensation d’un milliard d’euros promise par la Commission européenne aux agriculteurs et aux secteurs agricoles qui pourraient être impactés par l’accord avec le Mercosur. 

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