Selon des résultats définitifs, le Nasdaq, qui concentre les valeurs technologiques sensibles aux craintes d'inflation et au resserrement des conditions financières, a plongé de 3,02% à 13.116,17 points. L'indice des valeurs vedette Dow Jones a lâché 0,46% à 32.862,30 points et le S&P 500 a abandonné 1,48% à 3.915,46 points.

Les rendements obligataires sur les bons du Trésor à 10 ans, qui influencent les crédits d'entreprises et immobiliers, ont grimpé à 1,71%, un sommet depuis janvier 2020, après avoir atteint plus de 1,74% en séance. Les rendements à 30 ans ont aussi accéléré à 2,45%, leur plus haut niveau depuis 19 mois.

Mercredi, le marché semblait avoir été rassuré par la position de la Fed, le Dow Jones et le S&P 500 touchant de nouveaux records. La Banque centrale avait de nouveau assuré qu'elle maintenait sa politique monétaire à des taux au jour le jour proches de zéro pour soutenir l'économie. Mais dans le même temps, la Fed a fortement relevé sa prévision de croissance du PIB américain à 6,5% pour 2021 avec une inflation qui pointera temporairement, selon elle, à 2,4%.

"Le marché a réfléchi à deux fois devant ces pressions inflationnistes qui montent: cela a d'abord affecté le secteur technologique avec le Nasdaq, puis tous les secteurs du marché", a relevé Quincy Krosby de Prudential.

Un indicateur très performant pour mars, celui de l'activité manufacturière de Philadelphie, a attiré l'oeil des investisseurs. Se hissant à 51,8 points en mars contre 23,1 points en février, il a accéléré de manière vertigineuse et atteint son plus haut niveau en 50 ans.

"C'était vraiment une surprise majeure à la hausse et surtout, cela a montré que les coûts de production augmentaient rapidement", a souligné Mme Krosby. "Le marché s'inquiète de savoir si cela est vraiment temporaire".

"Il y a des craintes que la Fed ne perde le contrôle de la courbe des taux et ce sont les valeurs des technologies de l'information et les actions axées sur la croissance qui subissent la pression à la vente", ajoutait-on chez Schwab.

Pour les investisseurs, ces groupes technologiques sont sensibles à la hausse des taux et à l'inflation car cela rogne leurs bénéfices futurs et renchérit leurs besoins en investissements. Tesla a perdu presque 10%; Amazon, Apple et Netflix ont tous abandonné plus de 3%.

"La hausse des rendements reflète certes une économie plus forte, une campagne de vaccination réussie", soulignait encore l'experte de Prudential. "Mais la question demeure: la Fed va-t-elle devoir entamer une transition vers un resserrement de sa politique monétaire peut-être en septembre-octobre? Non pas en augmentant les taux d'intérêt mais en évoquant probablement d'abord une réduction de ses achats de bons du Trésor", s'est interrogée Mme Krosby.

Hormis le secteur bancaire qui profitait de la hausse des taux, tous les secteurs du S&P 500 étaient en perte, avec en lanterne rouge celui de l'énergie (-4,68%) alors que les prix du pétrole brut ont chuté de 7%.

Lordstown, qui développe un pick-up électrique, a plongé de 13,78% après avoir annoncé faire l'objet d'une enquête de la SEC à la suite d'un rapport publié par la société d'investissement Hinderburg l'accusant de présenter des informations fallacieuses sur ses activités.