Le cours du baril de pétrole américain, qui était devenu négatif lundi pour la première fois de son histoire en raison de la saturation des stocks et de l'effondrement de la demande lié à la pandémie, rebondit mardi matin en Asie mais s'échange pour à peine plus d'un dollar. 

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai coûtait 1,63 dollar vers 05h30 GMT, contre un prix de clôture de -37,63 dollars lundi soir à New York, signe d'un marché chamboulé par la crise du coronavirus.

La frénésie qui a envoyé les prix en territoire négatif lundi pour la première fois s'explique par la hâte des vendeurs de trouver un acheteur en mesure de prendre physiquement possession de la marchandise alors que la négociation des contrats pour mai s'achève.

"Le contrat sur le WTI pour mai expire mardi, ce qui force tous les détenteurs de ce contrat à accepter les livraisons physiques", a expliqué dans une note ANZ Bank. "Avec les capacités de stockage qui se remplissent rapidement (...) on craint qu'il n'y ait aucun endroit pour l'entreposer".

L'effondrement de lundi, expliquent les analystes, est dû en partie à la saturation du dépôt pétrolier de Cushing, dans l'Oklahoma, un des plus importants des Etats-Unis.

Le baril de WTI n'était jamais tombé en dessous de 10 dollars depuis la création de ce contrat en 1983.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin était moins touché et s' échangeait à 25,46 dollars en baisse de 0,43%.

Les prix du pétrole ont subi des chutes massives ces dernières semaines. La pandémie de coronavirus qui a engendré des blocages dans le monde entier et menace d'entraîner une bonne partie des économies du globe vers la récession a fait fondre la demande, tandis qu'une guerre des prix saoudo-russe a aggravé la crise.

© AFP