Les investisseurs ne doivent pas rester les bras croisés, regardant comme d'impuissants spectateurs, les turbulences boursières. Il convient manifestement d'adapter ses stratégies de placement et de profiter des creux dessinés par les cours pour repasser à l'achat sur les actions.

Le Covid-19 a déjà coûté plus de 9000 milliards de dollars aux marchés d'actions, rappelle Bloomberg ce mardi. Pourtant, beaucoup d'investisseurs n'ont pas encore pris en compte l'impact de l'épidémie, selon le courtier institutionnel new-yorkais Sanford C. Bernstein qui a sondé 382 investisseurs institutionnels avec 37.000 milliards de dollars d'actions sous gestion cumulés.

Seulement 21% de ces gestionnaires de fonds ont "complètement" ajusté leurs portefeuilles afin de refléter le risque associé au coronavirus, tandis que 44% n'ont encore rien changé à leurs placements, ressort-il de l'enquête publiée aujourd'hui par Bernstein. Et ce, même si les gestionnaires s'attendent à un impact négatif d'1% sur la croissance mondiale pour 2020.

Les inquiétudes liées à l'épidémie avaient affecté les Bourses internationales la semaine dernière. Mais, bien évidemment, l'appétit pour le risque peut changer à tout moment. Lundi, le baromètre mondial des actions, l'indice MSCI All-Country a ainsi enregistré sa plus forte progression depuis novembre 2011 après que les banques centrales se sont montrées disposées à intervenir pour endiguer la crise sanitaire.

Les marchés d'actions gardent ce cap ce mardi, le Bel 20 rebondissant de plus de 3% à Bruxelles, le CAC 40 parisien, le Dax francfortois ou le FTSE 100 londonien se remplumant de plus de 2% pour se limiter à ces quelques exemples.

L'enquête de Bernstein montre par ailleurs que les investisseurs institutionnels expriment le plus de pessimisme à l'égard des secteurs de l'énergie et de la consommation discrétionnaire (non essentielle), et dans une moindre mesure le secteur des soins de santé.

L'impact réel du coronavirus restera une variable inconnue pour un certain temps qui ne doit certainement pas inspirer aux investisseurs de rester les bras croisés, souligne un analyste de Bernstein auprès du site spécialisé MarketWatch.

"Nous préconisons d'augmenter tactiquement l'exposition aux actions", insiste l'analyste. Non pas en réaction à l'épidémie mais au moment où elle est survenue, aux niveaux auxquels se retrouvent les places financières. Il sera sûrement nécessaire d'encore ajuster cette position relative aux actions si le virus provoque une récession ou que les politiques monétaires bouleversent autrement l'environnement d'investissement.

"En attendant que nous ayons de bonnes données sur la pleine signification macro, sur des horizons tactiques de un à deux mois, nous pensons qu'il est juste d'acheter des actions sur le marché mondial en réponse à la chute de la semaine dernière", conclut-on chez Bernstein.