Les cours du pétrole ont chuté vendredi, accentuant leurs pertes après que le président américain a affirmé avoir demandé à l'Opep d'abaisser les prix du pétrole et obtenu de "l'Arabie saoudite et d'autres" des hausses de leur production.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a fini à 72,15 dollars à Londres, en baisse de 2,2 dollars par rapport à la clôture de jeudi.

A New York, le baril de WTI pour la même échéance a cédé 1,91 dollar, à 63,30 dollars.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré que "l'Arabie saoudite et d'autres" pays étaient d'accord pour augmenter leur production de pétrole, à quelques jours d'un durcissement des sanctions américaines contre le pétrole iranien.

"Parlé à l'Arabie saoudite et d'autres au sujet des augmentations de flux de pétrole. Tous sont d'accord", a tweeté le président.

Il avait déjà, quelques heures plus tôt, fait plonger les cours en déclarant devant des journalistes que "les prix de l'essence sont en train de baisser. J'ai appelé l'Opep et leur ai dit, +vous devez les faire baisser+".

La déclaration cryptique, puisqu'il est difficile de savoir si le président américain a appelé le secrétariat général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), non décisionnaire, ou certains de ses membres, a suffi à faire chuter le marché.

Donald Trump est coutumier des remontrances publiques à l'égard du cartel mais celle-ci a eu un effet particulièrement élevé sur les cours "car les marchés sont beaucoup montés dernièrement", a signalé Phil Flynn, de Price Futures Group.

Depuis le début de l'année, le cours du pétrole a pris 39% à New York et 34% à Londres.

De plus, "si l'on regarde un peu en arrière, on s'aperçoit que lorsque le président américain se plaint auprès de l'Opep, le cartel augmente sa production", a noté M. Flynn en référence à 2018.

En début de semaine, les investisseurs s'étaient inquiétés d'un possible déficit de l'offre quand Washington avait subitement annoncé la fin des exemptions accordées à certains importateurs de brut iranien à partir de début mai.

Donald Trump avait toutefois déjà affirmé que l'Arabie saoudite, chef de file du cartel, et d'autres pays allaient "compenser" la perte des barils iraniens sur le marché mondial.

Le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, avait dans le même temps assuré que son pays était prêt à "stabiliser" le marché.

© boursorama