Placements / Marchés Le groupe est condamné une troisième fois dans un procès lié au Roundup.

Monsanto, détenu par l’allemand Bayer, a été condamné lundi aux États-Unis à verser plus de 2 milliards de dollars à un couple atteint d’un cancer attribué à l’utilisation du désherbant au glyphosate, le Roundup. Il s’agit du troisième revers judiciaire pour le groupe.

Hasard du calendrier, ce jugement record intervient alors que Bayer est aux prises avec une polémique en France autour d’un fichage - par une agence de communication employée par Monsanto - de centaines de personnalités concernant leur position sur les OGM, le glyphosate ou leur propension à être influencés. Des révélations qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête. Bayer, qui s’est dit "déçu" du verdict et compte faire appel, affirme toujours que le Roundup et son principe actif, le glyphosate, sont sans danger. Le Roundup, très lucratif, est vendu dans le monde entier depuis une quarantaine d’années.

Ce procès s’était ouvert fin mars, juste après la condamnation - pour les mêmes raisons - de Monsanto à verser 80 millions de dollars à un septuagénaire atteint d’un lymphome non hodgkinien qu’il attribuait au Roundup. "Le jury a estimé que l’exposition au Roundup a causé le [cancer] des Pilliod et que Monsanto avait failli [à l’obligation de] prévenir de ce grave danger pour la santé. Surtout, le jury a également reconnu que Monsanto avait agi avec malveillance, oppression ou fraude et devait être puni pour son comportement", a souligné dans un communiqué un des cabinets d’avocats qui défendaient le couple. À ces deux milliards s’ajoutent 55 millions de dollars accordés à Alberta et Alva Pilliod à titre compensatoire (pertes économiques, préjudice moral…).

Punition boursière

L’horizon s’assombrit donc encore pour le groupe allemand, pour lequel Monsanto, racheté pour 63 milliards d’euros, s’apparente de plus en plus à un boulet : plus de 11 000 procédures contre le Roundup sont en cours aux États-Unis, ce qui pourrait pousser la firme à signer un accord amiable pour éviter tous ces procès. Suite à ce nouveau jugement, le titre Bayer a chuté de 5 % mardi à l’ouverture de la Bourse de Francfort, atteignant son plus bas niveau en sept ans. (AFP)