Huitième épisode du "Dico de l'éco" : le programme de rachat d'obligations de la Banque centrale européenne.

La Banque centrale européenne possède un programme baptisé OMT. Au départ, il permettait à la BCE de racheter massivement des obligations émises par des États européens. En achetant massivement ces obligations, elle permet de maintenir les taux d’intérêt à des niveaux stables.

Imaginez la dette de la Belgique regroupée dans 100 obligations. En cas de crise financière chez nous, les spéculateurs pourraient décider de vendre leurs obligations, ce qui ferait augmenter en flèche les taux auxquels la Belgique emprunte de l’argent. Mais si la BCE achète 25, 30 ou 35 de ces obligations, elle peut plus facilement avoir un contrôle sur la situation.

Sauver la Grèce

Ce mécanisme est né des cendres de la crise financière grecque, qui a frappé le pays au début des années 2010. Il a été réactivé en 2020 avec l’arrivée de la crise financière liée au Covid-19. Il a pris le nom de PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme), et fonctionne sur ce même principe de rachat d'actifs.

Mais avec le temps, ce mécanisme permet aussi d’acheter des obligations émises par des entreprises privées. Un choix auquel s’opposaient les pays dits frugaux : l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore les pays scandinaves.

Toutefois, avec la crise sanitaire et économique, même ces pays, dont les reins sont plus que solides, commencent à lâcher du lest au niveau de leur rigidité financière. Car même eux ont aujourd’hui des besoins criants en financement.