Les premiers chèques de 1.400 dollars par personne ont commencé à être envoyés ce week-end aux foyers américains gagnant moins de 75.000 dollars par an et moins de 150.000 dollars pour les couples mariés. Au-delà, le montant de l'aide est dégressif, et les individus gagnant plus de 80.000 dollars n'y sont pas éligibles (160.000 pour les couples).

Ce sont en tout quelque 400 milliards de dollars, sans compter les crédits d'impôts pour enfants, qui vont directement soulager les ménages, le reste du plan allant au déploiement des vaccinations anti-Covid, à l'éducation, aux entreprises et aux collectivités locales.

Dès le chèque encaissé - qui, pour une famille de quatre, peut se monter à 5.600 dollars non-imposés -, la majorité des Américains affirment qu'avec cet argent, ils vont soit rembourser des dettes, soit économiser ou investir, selon une enquête de Bank of America qui a interrogé 3.000 personnes.

La banque estime que ceux qui remboursent leurs dettes "entrent en fait dans la catégorie de ceux qui épargnent car leurs paiements restent dans le système financier et ne créent pas de demande de biens ou de services dans l'économie réelle".

Ainsi seront-ils seulement 36 % à dépenser ces chèques alors que 30 % vont rembourser leurs prêts, 25 % les placer sur des comptes épargne et 9% les investir.

Plus les ménages sont haut dans l'échelle des revenus, plus ils vont investir au lieu de dépenser, note encore l'étude qui demande alors "qui va faire toutes ces dépenses de consommation voraces que le marché attend".

Attrait du bitcoin

Selon autre étude signée Mizuho Securities, 10 % du montant de la relance, soit environ 40 milliards de dollars, vont être placés en Bourse, sur des actions, ou servir à acquérir de la cryptomonnaie bitcoin. Selon cette étude qui a interrogé 235 personnes, pas moins de 61 % des nouveaux investisseurs entendent acheter du bitcoin, selon Dan Dolev, un des responsables de l'étude de Mizuho interrogé sur CNBC.

"Cela nous a surpris car le bitcoin, qui a atteint un sommet historique samedi à 60.000 dollars pour une unité, est un gros véhicule d'investissements par rapport aux actions", a-t-il commenté.

D'après une enquête de Deutsche Bank auprès de 430 personnes, ce sont surtout les jeunes de 25 à 34 ans qui vont jouer les investisseurs avec leur chèque du stimulus.

La banque Goldman Sachs a aussi récemment estimé qu'avec le plan Biden "les ménages vont représenter la plus grande source de demande pour les actions en Bourse en 2021".

"Nous relevons de 100 milliards à 350 milliards de dollars l'afflux de fonds sur Wall Street, ce qui reflète la plus forte croissance économique attendue, la hausse des taux d'intérêts, mais aussi les paiements au titre du stimulus", ajoute David Kostin, économiste chez Goldman Sachs.

Lors des premiers versements d'aides sous l'administration Trump, octroyés pour relancer l'économie mise à genoux par le Covid-19, ils étaient déjà nombreux à avoir placé de l'argent sur la place new-yorkaise: 53 % ont affirmé l'avoir fait, mais cela n'avait représenté de 8 % des flux d'investissements attirés par Wall Street en 2020, d'après Deutsche Bank.

Une large majorité des fonds avaient été dépensée en alimentation, loyers et produits pour la maison, selon le Bureau des statistiques.