Ce vendredi constituait le dernier jour de cotation en Bourse pour Dexia. 

L'action, qui a été introduite sur les marchés en 1996 lors de l'alliance entre le Crédit communal et le Crédit Local de France, a terminé la journée d'échanges avec un bénéfice de 22,75% sur un prix de 0,49 euro. 

Il y a quelques mois, la part valait encore plus de 3 euros. A partir de maintenant, les actionnaires ne peuvent plus se rendre que sur le marché expert d'Euronext pour échanger leurs actions Dexia. Le retrait de la Bourse avait été annoncé en septembre et n'était alors pas totalement inattendu. 

Le patron de Dexia, Wouter Devriendt, avait en effet exprimé à plusieurs reprises son souhait de mettre fin à la cote boursière car cela coûtait beaucoup à la société.

Pratiquement sans valeur

La direction de la banque résiduelle avait ainsi souligné de nombreuses fois ces dernières années le fait que la part était devenue pratiquement sans valeur. En 2012, les États belge et français avaient injecté des milliards d'euros dans Dexia et avaient reçu en échange plus de 99,5% du capital. 

Les actions en Bourse représentaient donc moins de 0,5% du capital. Mais depuis que Dexia était devenu action se mesurant en centimes d'euros, elle était devenue très populaire auprès des spéculateurs. En 2016, il a donc été décidé de combiner 1.000 actions contre 1 auparavant. L'intérêt a alors baissé, tout comme, régulièrement, le cours de l'action.

2.000 actions négociées par jour

En moyenne, seules 2.000 actions Dexia se négociaient encore par jour. Dorénavant, les actionnaires doivent s'adresser au marché d'expert d'Euronext s'ils souhaitent les vendre.

Après un premier sauvetage en 2008, le groupe Dexia s'était à nouveau effondré à l'automne 2011 à la suite de la crise de la dette en Europe. Le gouvernement Leterme avait alors nationalisé la banque belge, qui a fait place à l'actuelle Belfius, et la société cotée en bourse Dexia était devenue une banque résiduelle. 

Avec un solde de plus de 130 milliards d'euros d'actifs, elle s'affaire depuis lors à gérer en extinction ses actifs résiduels, avec le moins de pertes possibles pour le contribuable.