"Les assureurs se montrent dans l’ensemble relativement optimistes concernant les perspectives du marché", commente Patrick Liedtke, managing director chez BlackRock, en marge de la nouvelle étude sectorielle. "Toutefois, la construction de portefeuilles résilients est devenue une priorité absolue pour les acteurs."

Basée sur une série d’entretiens menés auprès de 360 décideurs du secteur de l'assurance, représentant environ 16.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans plus de 22 pays,la 8e édition de l’étude annuelle de BlackRock dépeint le sentiment des investisseurs et les perspectives d’allocation d’actifs pour les assureurs.

La question de la politique monétaire des banques centrales, marquée par de nouvelles récentes injections de liquidités, a évidemment émergé comme un thème de préoccupation principal.

Malgré un environnement jugé difficile, compte tenu de la faiblesse des taux et la volatilité des places financières, les cadres interrogés se montrent relativement optimistes et confiants.

78% d'entre eux se disent confiants quant aux perspectives d'investissement, et plus de la moitié des cadres interrogés (56%) n’envisagent pas une récession avant 2022.

"Ce sentiment est toutefois moins marqué qu’en 2018", relève l'étude de BlackRock, observant une concentration accrue sur la résilience des portefeuilles.

60% des assureurs interrogés ont l’intention d’accroitre leur exposition aux marchés privés au cours des trois prochaines années, en parallèle d’une optimisation de leur placements obligataires, tout en ayant recours à des techniques de gestion de risque avancées.

Cela se traduit par un appétit de risque plus sélectif qu’en 2018, avec une préférence pour des placements sur les marchés obligataires et privés. Ces derniers, moins corrélés, offrent de meilleures perspectives de rendement.

Une grande majorité des assureurs (83%) s’accordent sur le fait qu'il est encore possible de produitreun rendement supérieur à celui du marché dans l’obligataire.

Les placements alternatifs utilisés sont diversifiés, le capital-investissement et l’immobilier se distinguant comme les domaines dans lesquels les assureurs ont l'intention d'augmenter le plus significativement leurs investissements.

Par ailleurs, les investissements socialement responsables suscitent également de l’intérêt. 67% des assureurs interrogés intègrent les réflexions en matière de développement durable dans leur processus d'investissement.

"Mais les assureurs semblent toujours avoir quelques inquiétudes quant à l'arbitrage de la rentabilité de ces investissements et à la meilleure façon d'intégrer les principes ISR dans un portefeuille", épingle l'étude.

Plus des trois quarts des assureurs interrogés considèrent encore que l'intégration des facteurs ISR peut compromettre leurs objectifs d’investissement.

"Ce point semble indiquer que les investisseurs ont recours à des stratégies d’« exclusion » plutôt que d' « optimisation», ce qui reflète la maturité naissante du marché ISR", souligne BlackRock.

A noter enfin que, alors que les préoccupations liées aux risques de marché semblent déjà avoir été intégrées dans la gestion de portefeuille, celles liées aux bouleversements technologiques sont encore très peu prises en compte dans les stratégies d’investissements.