Le président italien Sergio Mattarella a plaidé samedi pour un changement des règles européennes en termes de dette et de déficit, afin de favoriser la cohésion sociale et la croissance. "La cohésion et la croissance sont des objectifs qu'il faut regarder et le nécessaire réexamen des règles du Pacte de stabilité peut contribuer à une nouvelle phase, en relançant les infrastructures, les réseaux, l'innovation, l'éducation, la recherche", a déclaré M. Mattarella dans un message adressé aux participants au forum The European House - Ambrosetti.

Ce forum, mini-Davos à l'italienne, se déroule jusqu'à dimanche à Cernobbio, sur les rives du lac de Côme, en présence de dizaines de dirigeants politiques et d'entreprises.

Le nouveau ministre italien de l'Economie et des Finances Roberto Gualtieri a lui aussi plaidé, en tant que président de la commission des affaires économiques du Parlement européen, pour un assouplissement des règles budgétaires européennes (déficit sous les 3% du PIB, dette à moins de 60%).

Dans son programme, le nouvel exécutif italien, formé du Mouvement 5 étoiles (M5S) et du Parti démocrate (PD, centre gauche), a indiqué vouloir mener une politique économique "expansive", mais "sans mettre en péril l'équilibre des finances publiques".

Ce gouvernement pro-européen, qui a prêté serment jeudi, plaide pour une remise en cause des règles budgétaires de l'UE, jugées "excessivement rigides", estimant qu'elles doivent être davantage orientées vers la croissance, alors que la péninsule s'attend à une croissance nulle de son PIB cette année, après un recul de 0,1% au dernier semestre 2018.

M. Mattarella a par ailleurs estimé que l'Italie était "appelée à jouer un rôle de premier plan en participant avec conviction et responsabilité à un projet européen durable et équilibré, d'un point de vue environnemental, social et territorial".

"Le lancement de la nouvelle législature offre l'opportunité de pouvoir définir un programme à la hauteur des attentes des citoyens européens exprimées avec le récent vote, à la hauteur des valeurs fondatrices de l'Union pour affronter les défis que nous avons devant nous: changements climatique et démographique, tensions politiques et menaces à la sécurité."

Il a plaidé pour un "renforcement de la coordination des politiques économiques" et pour "une fiscalité européenne qui élimine les distorsions de concurrences et affronte la question de la taxation des grandes entreprises multinationales".