Les taux d'emprunt en zone euro se sont globalement stabilisés jeudi après avoir baissé suite à des informations de presse indiquant que la BCE pourrait revoir sa cible d'inflation, tandis que les taux italiens ont atteint un nouveau plus bas depuis octobre 2016.

De façon générale, "les taux d'emprunt rebaissent un petit peu depuis quelques jours" en raison "du regain des tensions sur la guerre commerciale" sino-américaine, a commenté auprès de l'AFP Eléonore Bunel, responsable de la gestion obligataire chez Lazard Frères Gestion.

Les Etats-Unis attendent de la Chine qu'elle se conforme à ce à quoi elle s'était engagée en mai, avant qu'elle ne fasse volte-face et embrase le conflit commercial entre les deux pays, a indiqué mardi le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

Faisant écho au président américain Donald Trump, qui a estimé mardi que la route était encore longue avant de nouer un accord avec Pékin, M. Ross a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un "long processus". Dans ce contexte, "les actifs risqués" souffrent, tandis qu'à l'inverse, "les taux souverains baissent de nouveau", a complété Mme Bunel.

Autre facteur de baisse, un article de Bloomberg qui, sur la foi de sources proches du dossier, croit savoir que la BCE pourrait repenser sa cible d'inflation et poursuivre ainsi plus longtemps sa politique monétaire accommodante.

La publication d'un indicateur meilleur qu'attendu aux Etats-Unis en début d'après-midi jeudi a toutefois entraîné une tension des taux américains, qui a freiné la détente des obligations européennes.

Bon indicateur américain

L'activité manufacturière de la région de Philadelphie (nord-est des Etats-Unis) a en effet fortement rebondi en juillet, effaçant en totalité le coup de frein enregistré en juin, selon l'indice de l'antenne locale de la Réserve fédérale (Fed) publié jeudi.

L'indicateur est passé d'une quasi-stagnation en juin (+0,3 point) à une hausse marquée (+21,8 points) qui est, en outre, très supérieure à la hausse attendue par les analystes (+5 points).

Par ailleurs, "nous avons toujours les taux des pays" les moins solides de la zone euro, que ce soit l'Italie, l'Espagne, le Portugal ou la Grèce, "qui enregistrent des performances supérieures" et baissent donc davantage que ceux de la France ou de l'Allemagne, a noté Mme Bunel.

Cela a été notamment le cas après les informations dont s'est fait l'écho Bloomberg.

Désormais, les opérateurs de marché "attendent la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du 25 juillet et celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) les 30 et 31 juillet", anticipant que cette dernière procédera à "une baisse des taux de 25 points de base", selon la spécialiste.