Pendant de nombreuses années, Galapagos a été la réussite du secteur biotech belgo-néerlandais, avec un traitement prometteur sur une classe thérapeutique très concurrentielle. Après la fin de l’alliance avec AbbVie pour financer le développement du Filgotinib dans la polyarthrite rhumatoïde, le groupe avait rebondi rapidement en s’alliant avec Gilead Sciences, une opération qui a fait rentrer plus de 5 milliards de dollars dans les caisses. L’année 2020 a toutefois ressemblé à une longue descente aux enfers pour Galapagos, avec un recul de 55 % depuis le début janvier ; tandis qu’ArgenX, l’autre biotech de l’indice Bel 20, s’est pour sa part envolée de 71 % dans le même intervalle.

La chute de Galapagos s’est déroulée en plusieurs phases, provoquées par les différentes nouvelles qui ont progressivement hypothéqué le futur commercial du Filgotinib dans la polyarthrite rhumatoïde sur le marché américain. Après une hausse à quasiment 250 euros au début de l’année en raison de l’optimisme quant à l’approbation du traitement, la pandémie a provoqué un premier recul entre 150 et 200 euros.

Ce fut ensuite l’annonce durant le mois d’août que la FDA (Food and Drug Administration) exigeait davantage de données quant à la concentration de sperme chez les utilisateurs de Filgotinib prenant la dose de 200 mg. Après avoir fluctué entre 100 et 125 euros durant les deux derniers mois, le cours s’est ensuite enfoncé sous les 80 euros suite à l’annonce que Gilead Sciences et Galapagos avaient décidé de retirer le dossier suite à des contacts approfondis avec la FDA, vu qu’une approbation dans la polyarthrite rhumatoïde aurait nécessité d’importants essais cliniques supplémentaires pour arriver largement en retard par rapport aux traitements concurrents.

Un pipeline bien fourni

La plupart des analystes sont aujourd’hui en position neutre sur le titre, avec une valorisation qui semble avoir aujourd’hui atteint un plancher. La capitalisation boursière de 5,2 milliards d’euros reflète aujourd’hui essentiellement les liquidités disponibles au bilan, même si le pipeline reste assez bien fournit, et même si le Filgotinib sera commercialisé en Europe et dans d’autres régions du monde. Les nouvelles sur le pipeline devraient rester nombreuses durant les prochains mois, avec notamment les essais de phase 3 pour le Ziritaxestat (GLPG1690 dans la fibrose pulmonaire idiopathique), et Galapagos dispose encore de nombreux programmes en développement, et de suffisamment de moyens financiers pour les développer.