Placements & Marchés

L'inflation au Royaume-Uni a un peu accéléré en juillet à 2,1% sur un an, a annoncé mercredi l'Office des statistiques nationales (ONS), mais elle reste à un niveau contenu avant le Brexit.

En juin, la hausse des prix à la consommation avait été de 2,0% et, pour juillet, les économistes sondés par Bloomberg s'attendaient au contraire à un léger apaisement de l'inflation, à 1,9%. L'ONS a expliqué cette accélération de juillet par une hausse plus marquée des prix des jeux vidéos, des chambres d'hôtels et des chaussures.

Malgré cette légère montée en puissance, l'inflation reste proche du niveau de 2,0% que la Banque d'Angleterre (BoE) considère comme approprié pour entretenir le dynamisme de l'activité sans risquer la surchauffe.

Avec ce niveau d'inflation, le pouvoir d'achat des ménages devrait avoir progressé de nouveau au mois de juillet. Des données publiées mardi par l'ONS ont fait état d'une forte hausse de 3,7% sur un an des salaires (primes comprises) en moyenne lors de la période d'avril à juin.

Bonne nouvelle pour la consommation des ménages

Au final, cette consolidation du pouvoir d'achat est une bonne nouvelle pour la consommation des ménages et donc pour l'économie britannique, qui est confrontée à un reflux de l'investissement des entreprises en pleine incertitude autour du Brexit.

Initialement prévu le 29 mars, le départ britannique de l'UE a été reporté deux fois et est maintenant attendu le 31 octobre. Ces changements ont perturbé les entreprises dans leur planification, notamment du côté de leurs stocks, ce qui a pesé sur l'activité. L'industrie a été particulièrement touchée au printemps mais le secteur des services n'a pas été très reluisant non plus et, in fine, le produit intérieur brut du Royaume-Uni a diminué de 0,2% au deuxième trimestre.

"Avec une économie en proie aux incertitudes du Brexit, de la politique intérieure britannique et de la croissance mondiale, les consommateurs ont un rôle clé à jouer pour permettre un retour de la croissance au troisième trimestre", a expliqué Howard Archer, économiste chez EY ITEM Club.

L'arrivée de Boris Johnson inquiète

L'inquiétude des milieux d'affaires et des marchés autour des conditions du Brexit s'est renforcée dernièrement avec l'arrivée au 10, Downing Street de Boris Johnson. Ce Brexiter a promis que son pays quitterait l'UE le 31 octobre, qu'un accord de sortie ait été mis en place ou non avec Bruxelles.

D'après la BoE, un Brexit sans accord ferait encore chuter la livre sterling, qui a déjà atteint récemment son plus bas niveau en près de trois ans face à l'euro et au dollar. Une nouvelle dégringolade de la monnaie britannique risquerait d'entraîner une forte montée de l'inflation, car elle augmenterait mécaniquement les prix des denrées importées au Royaume-Uni.