Les Etats membres de l'Union européenne ont approuvé jeudi les mesures finales de sauvegarde concernant l'acier. Elles permettent de limiter les importations d'un produit pendant une période déterminée quand la situation est problématique, tout en respectant les règles de l'Organisation mondiale du commerce. Elles concernent 28 produits sidérurgiques et entreront en vigueur le 4 février, pour une durée de trois ans.

Depuis le mois de juin, les Etats-Unis imposent une surtaxe de 25% sur ses importations d'acier. L'acier destiné au marché américain peut dès lors se retrouver bloqué aux frontières du pays à cause des pénalités douanières à payer et être dérouté vers d'autres destinations. L'Europe est directement concernée. "Les importations européennes ont augmenté de 12% en 2018. C'est du jamais vu. Pour trois tonnes d'acier bloquées par les tarifs américains, deux sont redirigées vers le marché ouvert de l'Union européenne", signale Eurofer, le lobby européen de l'acier.

Les mesures de sauvegarde de l'UE ne concerneront pas certains pays producteurs d'acier en voie de développement, comme l'Indonésie, précise Eurofer. Elles comprennent une augmentation de 5% des quotas d'acier, calculés sur base des importations 2015-2017. Au-delà de ce quota d'importations autorisées, les produits sidérurgiques déroutés vers l'Europe seront frappés de taxes douanières de 25%. En juillet, 5% supplémentaires seront ajoutés aux quotas et cinq autres en juillet 2020. "Et ce malgré le fait que la demande en acier ne devrait augmenter que de 1% en 2019", déplore Eurofer.

"Le relèvement des quotas pourrait être beaucoup plus important que l'augmentation de la taille du marché, ce qui laisserait les producteurs européens en compétition pour des parts de marché réduites. Les importations représentent déjà environ un quart du marché européen de l'acier", signale le lobby de l'acier, qui salue tout de même la mesure validée par les Etats membres.