Cette annonce répond à une demande d'enquête réalisée fin juin par le Commission européenne, peu après le dépôt de bilan de Wirecard, dont la direction est soupçonnée d'avoir gonflé ses comptes avec des fonds fictifs.

Une évaluation des événements qui ont conduit à la faillite de Wirecard est "nécessaire" afin de "rétablir la confiance des investisseurs" sapée par ce scandale, estime l'Autorité européenne de supervision des marchés financiers (Esma) dans un communiqué.

Elle sera achevée d'ici au 30 octobre, affirme l'autorité, qui analysera les réponses apportées par le gendarme allemand de la Finance (BaFin) et le Financial reporting enforcement panel (FREP ou DPR en allemand), une instance chargée de veiller à la conformité comptable.

L'évaluation, réalisée de manière "accélérée", "portera sur l'application des lignes directrices sur le contrôle de l'information financière" par ces deux autorités, indique l'Esma.

L'autorité rappelle avoir conçu et publié en 2014 de grandes orientations "pour promouvoir une application et une supervision cohérentes" des normes comptables IFRS.

En 2017, l'Esma avait déjà examiné conjointement avec des autorités nationales, notamment allemandes, l'application de ces lignes directrices.

A l'issue de cet examen, un rapport avait alors relevé les "aspects positifs du modèle allemand" mais aussi des "domaines à améliorer". Parmi ceux-ci, les procédures appliquées par les deux autorités financières allemandes, la coopération entre elles, mais aussi "l'indépendance et les conflits d'intérêts au sein du FREP", développe l'Esma.

L'autorité européennes des marchés rappelle également avoir à l'époque "invité la BaFin et la Commission européenne (...) à étudier si la directive transparence (établissant des obligations en matière d'information financière, NDLR) était correctement transposée par l'Allemagne", et ce d'autant que "la BaFin avait déclaré son incapacité à se conformer" aux grandes lignes d'informations financières publiées par l'Esma "en raison d'un manque de pouvoirs d'exécution".

"Compte tenu de l'intérêt public primordial dans ce cas particulier et de l'application de l'information financière en Allemagne", l'Esma "met à disposition le rapport confidentiel sur l'Allemagne" de 2017, conclut l'autorité.

Ce rapport "met en évidence des faiblesses potentielles, (...) en termes de respect des règles de l'UE", a réagi Valdis Dombrovkis, vice-président exécutif de la Commission européenne.