WeWork planifie cette fois-ci de fusionner avec le "SPAC" BowX Acquisition Corp, une coquille vide déjà présente sur la place new-yorkaise dans le but de réaliser de futures acquisitions.

L'opération devrait permettre à WeWork de récupérer environ 1,3 milliard de dollars d'argent frais: 483 millions de dollars de la part de BowX et 800 millions de la part de plusieurs fonds, dont Insight Partners, Starwood, Fidelity, Centaurus et Blackrock.

Elle devrait être finalisée "d'ici le troisième trimestre".

Créée en 2010, WeWork s'est construite sur un modèle de bureaux partagés qui allie flexibilité et convivialité.

La société signe généralement des baux à long terme avec des propriétaires, rénove les locaux et les sous-loue à court-terme à des particuliers ou des entreprises.

Start-up à l'image dynamique et novatrice, souvent présentée comme une des étoiles de l'économie du partage, WeWork a rapidement séduit les investisseurs, au point d'atteindre une valorisation théorique de 47 milliards de dollars en janvier 2019.

Mais l'étoile avait déjà un peu pâli lorsque la société préparait son arrivée sur la place new-yorkaise en septembre 2019, à environ 20 milliards de dollars.

Les doutes enflaient sur la viabilité du modèle économique du groupe, sa gouvernance et le comportement parfois erratique de son co-fondateur et patron, Adam Neumann.

WeWork avait finalement renoncé à entrer en Bourse à un stade assez avancé de l'opération.

3,2 milliards de pertes 

Pour sauver WeWork de la faillite, le principal actionnaire, le japonais Softbank, avait dû injecter plusieurs milliards de dollars, et pousser M. Neumann vers la sortie.

Mais WeWork avait porté plainte contre Softbank quelques mois plus tard pour avoir renoncé à racheter, comme convenu, pour 3 milliards de dollars d'actions du groupe américain.

Les deux parties sont parvenues fin février à un accord mettant fin à une querelle avec l'ancien patron et plusieurs actionnaires, permettant ainsi à WeWork de passer à une nouvelle étape.

Selon des documents transmis vendredi au gendarme américain des marchés financiers, WeWork a encaissé en 2020 une perte nette de 3,2 milliards de dollars, pour un chiffre d'affaires du même montant.

Et son taux d'occupation est tombé à 47% en 2020, année marquée par la pandémie, contre 72% l'année précédente.

"Cette société est prête à atteindre la rentabilité à court terme, mais l'opportunité de croissance et d'innovation à long terme est ce qui a fait de WeWork un partenaire idéal pour BowX", a toutefois affirmé le président du conseil d'administration et co-directeur de BowX, Vivek Ranadivé, dans un communiqué.

L'entreprise est, selon lui, "à un point d'inflexion".

Dirigée depuis février 2020 par un vétéran du secteur immobilier, Sandeep Mathrani, WeWork fait valoir qu'elle a réduit ses dépenses de fonctionnement de 1,1 milliard de dollars en 2020 et ses dépenses de gestion des immeubles de 400 millions de dollars.

L'entreprise compte désormais 851 sites dans 152 villes et les entreprises, des clients généralement plus stables, représentent plus de 50% de ses clients.

Le groupe a aussi réduit ses effectifs de 67% par rapport à un pic en septembre 2019 et s'est délesté de plusieurs activités. Au fil des ans et des intérêts de son patron, elle avait investi dans des secteurs annexes comme la colocation (WeLive), l'éducation (WeGrow) ou le réseau social Meetup.

En choisissant d'entrer en Bourse via un SPAC, la société surfe sur la dernière vogue à Wall Street et profite d'un instrument financier déjà utilisé par la compagnie de tourisme spatial Virgin Galactic ou le fabriquant de véhicules électriques Lucid Motors.

Les SPAC sont des entreprises sans activité commerciale qui sont créées spécialement pour lever des fonds en Bourse avec l'objectif de réaliser des acquisitions dans un secteur défini. Mais les investisseurs ignorent au début quelle sera sa cible et font donc un pari qui peut plus ou moins bien tourner.