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L'euro progressait un peu face au dollar jeudi dans un marché fébrile malgré des nouvelles de nature à apaiser le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis.

Vers 11 heures, l'euro gagnait 0,14% face au billet vert, à 1,1215 dollar.

Jeudi, les marchés digéraient les chiffres des exportations chinoises, qui sont reparties à la hausse en juillet (+3,3%). L'excédent avec les Etats-Unis a cependant légèrement baissé à 27,97 milliards de dollars (-11,1% par rapport à juin).

"En adoptant un regard optimiste, on pourrait arguer que c'est un développement positif entre les deux pays, engagés dans une vilaine guerre commerciale", a fait valoir Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

De plus, si la Chine a fixé un taux pivot à plus de 7 yuans pour un dollar pour la première fois depuis 2008, il a été un peu plus élevé qu'attendu par les analystes.

Les marchés s'inquiètent que la baisse du yuan ne provoque la colère de Donald Trump et déclenche une guerre monétaire, dangereuse pour la croissance mondiale.

Mercredi, "le président de l'antenne de la Fed à Chicago, Charles Evans, a déclaré que l'inflation justifiait à elle seule la baisse des taux d'intérêt en juillet et que d'autres mesures accommodantes étaient justifiées", ont souligné les analystes du courtier Sucden qui précisent que le marché est "convaincu" que la Réserve fédérale américaine va à nouveau baisser ses taux en septembre.

Selon Hussein Sayed, analyste pour FXTM, les investisseurs estiment à 21% la probabilité d'une baisse de 50 points de base à la prochaine réunion en septembre, alors que la semaine dernière, ils n'y croyaient pas.

En juillet, la baisse avait été de 25 points de base, mais mercredi les banques centrales néo-zélandaise, indienne et thaïlandaise ont toutes abaissé leurs taux, faisant craindre un ralentissement plus marqué qu'anticipé de la croissance mondiale.

De plus, Donald Trump a réitéré mercredi dans une longue série de tweets ses diatribes contre la Fed, exigeant qu'elle réduise les taux "plus vite et plus fort" et la traitant d'"incompétente".

Une baisse des taux rend la devise concernée moins rémunératrice et donc moins attractive pour les cambistes.