Les marchés d'actions européens montrent des signes de stabilisation ce mardi après avoir enregistré leur plus forte baisse depuis la dernière crise financière la veille. Si les investisseurs retrouvaient un peu de calme, la situation continuait pourtant de s'aggraver sur le front du coronavirus avec le confinement de l'ensemble de l'Italie dans l'espoir d'enrayer l'épidémie. De leur côté, les cours du pétrole se reprenaient également après s'être effondrés la veille en raison de la guerre des prix lancée par l'Arabie saoudite dans la foulée d'une mésentente avec la Russie sur une réduction de la production.

  • A la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel 20 accélère ses gains (+4,9% à 3330 points).
  • A Paris, le CAC 40 reprend aussi des forces (+3,95% 4,893 points).
  • Sur la place d'Amsterdam, l'indice AEX gagne 4,06% à 510 points.
  • A Londres, l'indice FTSE-100 des principales valeurs prend 3,89% à 6397 points.
  • Le baromètre des actions européennes, l'indice Stoxx 600, progresse de 3% environ.

Ce rebond intervient à la faveur d'une hausse des cours du pétrole et d'espoirs de relance budgétaire.

"Les espoirs de relance redonnent un peu d'allant au marché", indique mardi David Madden de CMC Markets.

Le président américain Donald Trump a promis des mesures de "grande ampleur" pour soutenir l'économie face aux conséquences du coronavirus, après avoir donné l'impression de sous-estimer l'épidémie au point d'avoir été lui-même personnellement en contact avec des élus aujourd'hui en quarantaine.

"Le gouverneur de la Banque du Japon a aussi affirmé que la banque centrale était prête à prendre les mesures appropriées si besoin", ajoute M. Madden.

Egalement à l'origine du rebond, les cours du pétrole à Londres et New York se reprenaient, gagnant entre 7% et 8% dans la matinée, après avoir perdu environ 25% lundi à la clôture, soit leur chute la plus sévère depuis la guerre du Golfe en 1991.

Lundi a représenté "un double coup dur pour les marchés financiers entre la crise du coronavirus et la nouvelle bataille entre l'Arabie saoudite et la Russie" sur le marché du pétrole, explique David Madden.

Rome a décidé d'appliquer mardi des mesures sans précédent dans le monde pour lutter contre l'épidémie: soixante millions d'Italiens ont été priés de rester chez eux par le gouvernement, sauf pour aller travailler, se ravitailler ou encore pour des soins médicaux. Les rassemblements sont également prohibés.

L'Italie, membre du G7, devient ainsi le premier pays de la planète à généraliser des mesures aussi draconiennes pour tenter d'enrayer la progression du coronavirus, qui a déjà fait 463 morts et plus de 9.000 cas dans la péninsule.

La maladie, qui a déjà tué plus de 4.000 personnes, est proche de la pandémie, a reconnu l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pris de panique lundi face à l'ampleur de la crise sanitaire et pétrolière, les investisseurs se sont massivement reportés sur les actifs réputés sûrs tels que la dette des Etats-Unis, de l'Allemagne et de la France. Le taux à dix ans de ces trois pays a touché des plus bas niveaux historiques et l'ensemble de la courbe des taux d'intérêt aux Etats-Unis est passée sous 1%, une première.