Les places boursières européennes ont ouvert en légère hausse ce vendredi, les investisseurs s'accrochant à la faiblesse de l'économie américaine, signe d'un imminent virage de politique monétaire.

Aux Etats-Unis les nuages s'accumulent. La croissance de l'activité dans les services a faibli en septembre plus fortement que ne s'y attendaient les analystes. Vendredi après-midi, la statistique américaine du jour concernera le marché de l'emploi, en mauvaise passe.

Dans ce contexte, "la seule chose qui empêche le marché de complètement s'effondrer, c'est l'espoir des investisseurs de voir la Réserve fédérale américaine continuer à réduire ses taux d'intérêt", commente Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader.

Les chiffres du marché du travail aux États-Unis sont "attendus avec encore plus d'impatience que d'habitude, afin d'évaluer si l'économie est entrée dans une phase de ralentissement accéléré" après "la déception provoquée" par deux indicateurs d'activité ISM américains, a résumé William De Vijlder, chef économiste chez BNP Paribas.

En croisant les chiffres de l'ISM manufacturier et de l'emploi aux Etats-Unis depuis 1953, l'expert est arrivé à la conclusion qu'"au regard du passé, le risque de déception est bien réel" aujourd'hui.

La croissance de l'activité dans les services aux États-Unis a faibli en septembre plus fortement que prévu pour s'établir à son plus faible niveau en trois ans, selon les données ISM publiée jeudi.

Craintes confortées

Ces chiffres ont conforté les craintes des investisseurs, déjà ébranlés mardi, par le recul de l'activité manufacturière (indice ISM), tombé à son plus bas niveau depuis dix ans ainsi que par la faiblesse des créations d'emplois dans le secteur privé, selon l'enquête mensuelle d'ADP publiée mercredi.

Toutes ces mauvaises données macroéconomiques, combinées à des baisses importantes des perspectives de croissance en Allemagne en 2019 et 2020 par les principaux instituts de recherche du pays ont largement affaibli cette semaine les indices.

Dans ce contexte fébrile, le rapport mensuel sur l'emploi n'en sera que davantage surveillé.

Le déficit budgétaire de la France à fin août 2019 et la balance commerciale américaine pour août sont également à l'agenda des indicateurs. Les investisseurs surveilleront aussi un discours de Jerome Powell, en ouverture d'une conférence de la Fed.

Le Brexit, toujours le Brexit

Sans oublier les évolutions autour du Brexit, faute de solutions à quelques semaines de la date butoir.

L'offre de Boris Johnson s'est en effet heurtée jeudi à un scepticisme grandissant de l'Irlande et de ses alliés européens, renforçant les craintes d'un divorce sans accord dans quatre semaines.