La Bourse de Paris recule (-0,47%), s'interrogeant sur l'ampleur des mesures supplémentaires de soutien à l'économie américaine que doit dévoiler Joe Biden et la capacité des pouvoirs publics à contrôler le variant britannique du coronavirus. L'indice CAC 40 cédait 27,10 points à 5.679,78 points à 09h41. Vendredi, il avait fini en hausse de 0,65%.

La Bourse de Francfort évolue en baisse, le Dax cédant 0,83%, consolidant ses gains de la première semaine de l'année. Vers 08h45 GMT, l'indice vedette reculait de 116,68 points, à 13.932,85 points. Le MDax des valeurs moyennes lâchait de son côté 0,44%, à 31.220,12 points.

La Bourse de Londres ouvre en léger repli (-0,45%) après son envolée de la semaine dernière face à une situation sanitaire critique qui menace de déborder le système de santé et les hôpitaux. L'indice FTSE-100 des principales valeurs cédait 0,45% à 6.842,42 points vers 08h40 GMT.

L'indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles était affiché à -0,23 % à l'ouverture, à 3 753,130 points. Il avait gagné 3,88 % et reperdait 0,4 % à 3.747 points vers 11h, avec 10 de ses éléments en baisse.

"Sans des événements comme la nouvelle année ou une double élection sénatoriale aux Etats-Unis, les marchés sont forcés de se confronter aux réalités de 2021, remarque Connor Campbell, analyste de Spreadex.com. Pour l'indice FTSE, cela signifie la perspective de restrictions encore plus importantes à l'activité au Royaume-Uni, les experts estimant que le niveau actuel du confinement n'a pas l'effet désiré".

Au Royaume-Uni, le système de santé est "actuellement confronté à la plus dangereuse situation dont on puisse se souvenir", alerte Chris Whitty, le médecin-chef pour l'Angleterre. "Si le virus poursuit cette trajectoire, les hôpitaux seront en réelle difficulté, et cela très bientôt".

Entravée par toutes les restrictions et l'actuel confinement en Angleterre, au moins 250.000 PME pourraient faire faillite cette année sans aides supplémentaires, avertit la Fédération des petites entreprises.

De plus, la présence du variant britannique du Covid-19 se multiplie dans le monde et les investisseurs redoutent que l'intensification des contacts sociaux durant les périodes de Noël et du Nouvel an se traduise bientôt dans les statistiques. Depuis l'annonce par Pékin il y a tout juste un an, le 11 janvier 2020, du premier décès du Covid-19, le virus a tué plus d'1,9 million de personnes sur la planète qu'il a en outre plongée dans une crise économique sans précédent. L'équipe d'experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d'enquêter sur l'origine du coronavirus, attendue en Chine la semaine dernière, entamera sa mission jeudi.

Aux Etats-Unis, le président élu Joe Biden a annoncé vendredi qu'il poserait dès la semaine prochaine "les bases" d'un prochain paquet d'aide économique et répété que le plan de relance adopté fin décembre, d'un montant de 900 milliards de dollars, n'était qu'un acompte.

"Apparemment, les démocrates veulent agir vite", souligne Sebastian Paris Horvitz, stratégiste chez LBPAM. Les marchés vont surveiller dorénavant le compte à rebours politique aux Etats-Unis jusqu'à la prestation de serment de Joe Biden le 20 janvier.

Dans la foulée des violences au Capitole, les démocrates américains ont averti dimanche qu'ils étaient prêts à lancer dans les prochains jours une procédure de destitution de Donald Trump, proche de la fin de son mandat. La semaine dernière, "la crise politique engendrée par l'invasion du Capitole par les supporters de Donald Trump n'a pas vraiment affecté le sentiment sur les marchés" et "il en va de même pour les mauvais chiffres de l'emploi pour le mois de décembre", rappelle M. Horvitz.

"Le marché continue à se focaliser sur l'avenir, espérant que la croissance va s'accélérer rapidement du fait du programme de vaccination et du soutien budgétaire", observe-t-il.