"Il y a une dégradation de la tendance depuis quelques jours en Europe", constate Tangi Le Liboux, stratégiste du courtier Aurel BGC.

"C'est surtout la progression de l'épidémie aux Etats-Unis qui fait l'objet de toutes les attentions, même si les pare-feux budgétaire et monétaire en place outre-Atlantique permettent à Wall Street d'ignorer dans l'immédiat les risques que font peser ce rebond de la crise sanitaire sur la reprise économique", explique-t-il.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait depuis fin décembre plus de 550.000 morts dans le monde, dont plus de 133.000 aux Etats-Unis, pays le plus touché.

La première économie mondiale a enregistré jeudi un nouveau record du nombre d'infections au coronavirus en une journée, avec plus de 65.500 cas supplémentaires recensés.

Les analystes de marché sont de plus en plus nombreux à admettre que la reprise économique se fera plus lentement qu'espéré car la propagation du coronavirus fait craindre une multiplication des reconfinements au moins partiels qui bloquerait à nouveau l'activité.

La pandémie a causé des ravages économiques et sociaux que les grandes banques centrales accompagnées des Etats tentent de contenir en injectant des milliards pour remettre en route l'activité le plus rapidement possible.

La nervosité se faisait sentir également au sujet des relations entre Washington et Pékin après que les Etats-Unis infligé jeudi des sanctions à l'encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d'être en "lien avec de graves atteintes aux droits humains" à l'encontre notamment de la minorité ouïghoure.

La Chine a annoncé des représailles dans la foulée.

"Le monde post-covid ne verra peut-être pas de si tôt un accord commercial de deuxième phase entre les deux pays, alors que leur accord préliminaire est sur un terrain glissant", prévient Ipek Ozkardeskaya, chez Swissquote Bank, alors que ces nouvelles s'ajoutent aux frictions politiques au sujet de Hong Kong.

En outre, "l'avance de Joe Biden (futur candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine) dans les sondages met sous pression le dollar et les marchés actions car une victoire démocrate est généralement considérée mauvaise pour la performance des actions", ajoute l'expert.

Signes d'espoir en revanche en Europe: les Pays-Bas et l'Autriche jusqu'ici très réservés sur le vaste plan européen de relance soutenu par la France et l'Allemagne, ont signalé leur volonté de trouver un compromis sur ce projet de 750 milliards d'euros, qui sera être discuté lors d'un sommet des dirigeants de l'UE prévu à la mi-juillet.

"Un accord, même imparfait, pourrait continuer d'alimenter le sentiment positif des investisseurs à l"égard de l'Europe et particulièrement de l'euro", souligne Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.