Les marchés européens ont ouvert en légère huasse ce mercredi, au lendemain de la décision surprenante de la Réserve fédérale américaine de baisser ses taux directeurs deux semaines avant sa réunion officielle.

Les indices européens ont ouvert en hausse ce matin "après la victoire de Joe Biden lors du Super Tuesday et au lendemain de la décision surprenante de la Fed de baisser de 50 points de base ses taux directeurs, deux semaines avant sa réunion officielle", anticipe John Plassard, spécialiste de l'investissement chez Mirabaud.

La Banque centrale américaine a interloqué les marchés mardi en baissant ses taux d'intérêt en urgence pour tenter d'endiguer l'impact économique du nouveau coronavirus sur l'économie. Cette mesure a été prise entre deux réunions du comité de politique monétaire pour la première fois depuis la crise de 2008.

Face à l'épidémie qui a fait quelque 3.200 morts dans le monde et lamine peu à peu l'économie, ces derniers s'attendaient certes à un coup de pouce de la Fed, mais pas avant sa prochaine réunion des 17 et 18 mars.

Les bourses mondiales ont dans un premier temps salué la décision de la banque centrale d'abaisser ses taux de 0,5 point de pourcentage, d'autant que la communication du G7 un peu plus tôt n'avait pas été très instructive, mais Wall Street a ensuite rapidement déchanté.

De nombreux acteurs de marché ont été saisis par le doute, s'interrogeant sur l'efficacité d'une telle mesure.

Aux Etats-Unis, "il semble que le mouvement ait plutôt frustré les investisseurs qui attendaient une action plus créative ou percutante qu'une simple baisse des taux, qui ne pourrait, selon eux, pas remédier aux problèmes de la chaînes d'approvisionnement perturbées", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote Bank.

"Nous avons un réel problème : les investisseurs attendent des banques centrales de devenir les héroines qu'elles ne sont pas sensées être", ajoute-t-il.

Les bourses européennes (Londres, Paris, Francfort) ont certes clôturé en hausse mardi mais autour de leur plus bas niveau de la séance.

Et "quand les actions reculent après une grosse baisse de taux, ça fait mauvais genre", commente David Madden analyste de CMC Markets.

Selon lui, "la décision de la Fed a été malencontreuse car elle a envoyé la mauvaise image en donnant l'impression d'être très inquiète devant la situation liée au coronavirus, ce qui a rendu nerveux les investisseurs" et fait chuter Wall Street.

Pour la suite, "d'un point de vue pratique, dans la mesure où les taux d'intérêts ont été réduits de moitié depuis l'été dernier, la banque centrale n'aura plus assez de marge de manoeuvre pour baisser encore les taux si l'économie américaine devait être sérieusement affectée par la crise sanitaire", prévient-il.

En Chine, l'activité dans les services s'est effondrée en février, comme dans le secteur manufacturier, paralysée par l'épidémie qui force beaucoup de consommateurs à rester calfeutrés chez eux.

Les réunions d'avril du FMI et de la Banque mondiale, qui drainent habituellement des dizaines de milliers de personnes à Washington, se tiendront cette année sous un "format virtuel" en raison du coronavirus.

  • Sans être véritablement comblées, les Bourses européennes restaient optimistes mercredi vers 11h20: Paris (+1,23%), Londres (+1,17%), Francfort (+0,80%), Madrid (+0,63%) et Milan (+0,87%).(+0,87%).