Les marchés européens ont ouvert à la baisse ce lundi, après une semaine catastrophique, dans un marché toujours paralysé par l'épidémie de coronavirus.

Les indices européens ont ouvert en nette baisse ce matin suite au mouvement de panique de la Fed dimanche soir. La Réserve fédérale a abaissé dimanche ses taux à zéro, afin d'endiguer les conséquences économiques de l'épidémie de nouveau coronavirus et rassurer les marchés en pleine tempête boursière. Une mesure réclamée depuis des mois par Donald Trump.

La dernière fois que la Fed avait abaissé ses taux à un tel niveau remonte à décembre 2008, au coeur de la crise financière dite des "subprimes". "Ce geste n'a actuellement aucun effet sur les indices Futures (contrats à terme) qui se sont encore une fois mis en mode coupe-circuit cette nuit", observe Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

Il "pourrait être catastrophique si la pandémie venait à se poursuivre, car cela restreint les possibilités de la Réserve fédérale américaine pour rassurer les marchés", poursuit-il.

Le manque de liquidités fait craindre aux marchés de plus en plus une crise financière.

Colruyt en guise de valeur refuge

A la Bourse de Bruxelles, le recul des valeurs se poursuit et s'est même accéléré, quelques minutes après l'ouverture du marché. Après avoir entamé les hostilités en se basant sur le niveau des "futures" sur indices de la Bourse de New York, les opérateurs ont à nouveau commencé à vendre tous les secteurs de la cote. L'indice Bel 20 cède 9% et est actuellement revenu au niveau de 2013. Comme la semaine passée, les banques sont malmenées: KBC perd 15%, ING 13%, l'assureur Ageas, 11,65%. Barco chute de 13%, visiblement lâchée par les investisseurs qui peuvent encore dégager du bénéfice aux niveaux actuels. Seule valeur à s'afficher en vert sur les tableaux de cotation, Colruyt a pris 6% avant de faire l'objet de prises de bénéfices. Le secteur semble le moins mal placé dans la crise actuelle et résiste assez bien. Retenons qu'une série de transactions effectuées par des dirigeants d'entreprises belges cotées ont été diffusées jeudi et vendredi. Elles montrent que ces derniers achètent des paquets d'actions, ce qui pourrait être interprété comme un signal sur la sous-valorisation patente de certaines entreprises. Dans la liste, on retrouve notamment KBC, Solvay, Colruyt, Telenet et Bekaert.

Comme nous l'écrivions samedi, même si beaucoup d'actions sont aujourd'hui sous-valorisées, il est très difficile de situer un plancher dans une situation de crise totalement inédite. Quant aux actions des banques centrales, si elles sont suivies de réactions négatives des marchés, c'est qu'elles indiquent aux opérateurs le niveau de gravité du ralentissement économique en cours. Sur le moyen terme, ces baisses de taux et injections de capitaux devraient toutefois montrer des effets appréciables. Ce qui change par rapport à 2008, c'est l'ampleur des moyens et la rapidité de réaction des instituts d'émission. C'est (un tout petit peu) rassurant!

A la Bourse de Paris, même topo: l'indice CAC 40 perd 9,2% avec toutes ses composantes dans le rouge. Airbus a perdu jusqu'à 24% avant de limiter la casse. Air France-KLM qui prévoit de réduire ses vols jusqu'à 90% pendant 2 mois, perd 15%.

Le baril de brut a aussi repris une trajectoire baissière liée aux anticipations d'un recul conjoncturel: le baril de Brent cède 11%% à 31,60 dollars, sous le niveau atteint après le début de la guerre des prix menée par l'Arabise Saoudite, la semaine dernière. Depuis le début de l'année, les prix du pétrole brut ont reculé de 52%. Du côté des valeurs refuges, l'or qui avait entamé la journée en hausse de 0,84%, recule à présent de 0;95% à 1.503 dollars. L'euro est à nouveau recherché après la baisse surprise des taux de la Réserve fédérale hier soir. Notre devise progresse de 0,66% à 1,1168 dollar. Au passage, ceux qui avaient "joué" le palladium en suivant la tendance, voient le métal précieux fondre à vue d'oeil. De 2.800 dollars l'once à la mi-février, le prix a chuté de près de 50%.

Le point à l'ouverture:

  • La Bourse de Paris plongeait à nouveau à l'ouverture lundi (-5,62%). A 9h, l'indice CAC 40 chutait de 231,54 points à 3.886,82 points. Vendredi, il avait fini une semaine cataclysmique, où il a perdu 20,03%, par un maigre rebond technique (+1,83%);
  • A Bourse de Francfort, le Dax plonge sous les 9.000 points pour la première fois depuis 2016 (-5,04%). Vers 9h15, l'indice vedette reculait de 465,13 points (-5,04%), à 8.766,95 points, portant à près de 34% les pertes depuis le début de l'année. Le MDax des valeurs moyennes était en baisse de 4,37% à 19.371,34 points;
  • La Bourse de Londres a elle aussi ouvert en forte baisse (-4,77%).
  • La Bourse de Milan chute de plus de 6% dans les premiers échanges. Vers 9h45, l'indice perdait 6,20% à 14.951,09 points. Vendredi il avait gagné 7,12%;
  • La Bourse de Madrid chutait lundi de plus de 8%. L'indice vedette Ibex-35 atteignait les 6075 points peu avant 9h30 (- 8,37%), perdant environ 30% depuis le 1er janvier.