Les marchés européens ont ouvert en forte baisse ce vendredi, l'hémorragie se poursuivant à l'heure où les investisseurs continuent de suivre de près l'évolution du coronavirus dans le monde, sans pouvoir évaluer son impact économique dans la durée

"L'argent bon marché des banques centrales et les paquets d'aide en milliards des Etats ne peuvent que soulager les symptômes, ils ne combattent pas la cause" de l'épidémie, note Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader.

L'épidémie poursuit son chemin au niveau mondial et notamment aux Etats-Unis où 8,3 milliards de dollars ont été débloqués pour financer un plan d'urgence de lutte contre le coronavirus qui a contaminé plus de 180 personnes et fait au moins 12 morts dans le pays.

Dans ce contexte, la Fed a abaissé mardi ses taux d'un demi-point de pourcentage, n'attendant pas sa prochaine réunion monétaire, une première depuis la crise financière de 2008.

"Les investisseurs anticipent maintenant une nouvelle baisse de 50 à 75 points de base de la Fed lors de la réunion du FOMC (Comité de politique monétaire de la Fed) prévue les 17 et 18 mars prochains", écrit Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

D'autres banques centrales sont aussi sur les starting-blocks mais nombre d'intervenants de marché considèrent que la réponse à apporter devrait être beaucoup plus budgétaire que monétaire pour être efficace.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) a estimé jeudi que l'institution avait "encore beaucoup de munitions" pour faire face à une crise financière, malgré des taux d'intérêt déjà très bas.

Les investisseurs attendent aussi une action de la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa réunion de politique monétaire jeudi prochain mais appellent plutôt une intervention de relance budgétaire des Etats.

"Au regard des réactions des banques centrales, il est clair que les responsables politiques font tout leur possible pour éviter que les tensions de marché actuelles se transforment en crise de liquidité", commente Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Car les premiers effets de l'épidémie sont apparus dans l'économie réelle.

"Les interruptions des chaînes d'approvisionnement se font sentir à l'échelle mondiale, en particulier pour les entreprises étrangères qui dépendent des PME/ETI chinoises", note cet expert.

"Le choc sur l'offre est désormais visible et il touche de nombreux secteurs (électronique, alimentaire, boissons, tabac...) et entraînera des retards de production importants pendant au moins plusieurs semaines", souligne-t-il.

Côté pétrole, l'Opep espère convaincre vendredi à Vienne son allié russe de baisser encore drastiquement la production d'or noir, dans l'espoir d'enrayer la chute des cours accentuée par l'épidémie du coronavirus, sans garantie ni d'accord, ni de résultat.

Les investisseurs devraient largement ignorer les chiffres de l'emploi américain attendus dans l'après-midi.

Le point à l'ouverture:

  • La Bourse de Paris passait sous le seuil technique des 5.300 points vendredi matin. A 9h20, l'indice CAC 40 abandonnait 82,6 points à 5.278,41 points. La veille, il avait fini en nette baisse (-1,90%);
  • La Bourse de Francfort évoluait en forte baisse vendredi, le Dax perdant 1,88%. A 9h15, l'indice vedette cédait 225,1 points à 11.719,58 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes reculait de 1,91% à 25.188,40 points;
  • La Bourse de Milan perdait 3% à l'ouverture.