Les marchés européens ont globalement ouvert dans le rouge ce mardi, dans l'attente de la réunion de la Banque centrale européenne, dont les marchés attendent une série de mesure accommodantes.

"Après les gains de ces derniers jours, les investisseurs se retiennent et espèrent un nouvel élan venant de la réunion de la BCE jeudi", notait Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader. Il expliquait que dans le même temps "les risques politiques ont été relégués au second plan", au vu de l'absence de nouvelles tensions dans le conflit commercial sino-américain comme de la perspective qui s'éloigne, selon lui, d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE sans accord.

Les investisseurs sont dans "l'indécision" avant l'échéance monétaire de jeudi "qui pourrait être décisive pour la tendance des marchés lors de ces prochains mois", ont résumé les experts de Mirabaud Securities Genève.

Le président de la BCE, Mario "Drahi est condamné à ne pas décevoir" après avoir "fait de grandes promesses aux marchés", a souligné pour sa part Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque. "S'il n'adopte pas dès maintenant des mesures de relance drastiques, la tâche n'en sera que plus grande pour la BCE lors de sa réunion de décembre et les probabilités de réussite n'en seront que plus faibles dans un contexte macroéconomique de plus en plus incertain", a-t-il développé.

Mesures de relance

Six semaines après avoir laissé entrevoir une panoplie de mesures de relance, la Banque centrale européenne (BCE) se trouve acculée à agir dès jeudi, malgré ses débats internes, tant le contexte économique demeure fébrile.

Au minimum, la BCE devrait laisser son taux de refinancement des banques à zéro, tout en abaissant celui sur les dépôts. En parallèle pourrait être annoncé un système de taux dégressifs pour alléger la charge d'intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques ("tiering").

Mais le plus délicat sera la décision de relancer ou pas les achats de dette, une mesure que les marchés appellent de leurs voeux.

Brexit, Italie et production chinoise

Au Royaume-Uni, les députés britanniques ont infligé dans la nuit de lundi à mardi une nouvelle défaite cuisante au Premier ministre Boris Johnson en refusant encore une fois de déclencher des législatives anticipées, avant que le Parlement ne soit suspendu jusqu'au 14 octobre, deux semaines seulement avant la date prévue pour le Brexit.

En Italie, le président du Conseil Giuseppe Conte a de son côté facilement obtenu lundi soir la confiance des députés, auxquels il a promis d'engager l'Italie dans une "nouvelle ère réformatrice", tout en réclamant un coup de pouce de l'Europe sur les règles budgétaires et l'immigration.

Du côté des indicateurs, les prix à la production en Chine se sont inscrits le mois dernier à leur niveau le plus bas depuis août 2016, tandis qu'en France, la production industrielle pour juillet s'est redressée.

Le point à l'ouverture:

  • A Bruxelles, le BEL20 perdait 3,20 points (-0,088%) à 10h, à 3 644,54 points;
  • La Bourse de Paris baissait légèrement mardi matin (-0,20%). A 9h15, l'indice CAC 40 perdait 11,35 points à 5.577,60 points. La veille, il avait fini en petite baisse de 0,27%;
  • La Bourse de Londres évoluait en baisse de 0,38% mardi matin,. Vers 9h20, l'indice FTSE-100 des principales valeurs perdait 27,49 points à 7.208,32 points;
  • La Bourse de Francfort démarrait en légère baisse mardi, le Dax cédant 0,19%. Vers 9h20, l'indice vedette reculait de 23,6 points à 12.202,49 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes perdait 0,20% à 25.951,82 points.