Les marchés européens devaient ouvrir en légère hausse ce mardi, reprenant des couleurs au lendemain d'un lundi noir, soutenus par l'espoir de voir les gouvernements apporter une réponse fiscale aux désastres économiques engendrés par le coronavirus.

"Les marchés américains ont connu une de leurs plus graves chute depuis 1987", a noté Michael Hewson, un analyste de CMC Markets. Mais "l'Europe devrait ouvrir en hausse portée par l'espoir de mesures fiscales", a-t-il anticipé.

"Les banques centrales ont fait de leur mieux, mais en l'absence de mesures fiscales de la part des gouvernements partout dans le monde, il est difficile de voir où les marchés pourraient trouver un appui à moyen terme", a-t-il analysé.

Selon lui, le communiqué du G7 en ce sens pose question dans la mesure où il arrive "après des années de promesses non suivies d'effets", mais il semblerait néanmoins qu'il y ait un début de stabilisation en Asie, soutenu par des informations évoquant un plan fiscal significatif aux États-Unis.

Les dirigeants des pays du G7 se sont dits lundi "déterminés" à faire "tout ce qui est nécessaire" pour restaurer la croissance mondiale, qui vacille en raison de la pandémie de coronavirus.

Réunion des 27

Les 27 ministres des Finances de l'UE ont également promis lundi de "faire tout le nécessaire" pour répondre aux difficultés économiques engendrées par le coronavirus, sans recourir pour le moment au fonds de sauvetage de la zone euro (MES).

La situation reste néanmoins éminemment critique avec une progression inexorable du coronavirus qui va de pair avec des confinements massifs aux répercussions conséquentes sur l'économie.

La France, après l'Espagne et l'Italie, entre ainsi mardi en confinement général, et l'Europe ferme ses frontières pour freiner la propagation du coronavirus, qualifiée par l'Organisation mondiale de la santé de "crise sanitaire mondiale majeure de notre époque".

La pandémie a fait plus de 7.000 morts dans le monde, notamment en Europe où le nombre de malades a explosé ces derniers jours.

Du côté des indicateurs, le baromètre ZEW de la confiance des milieux financiers allemands est attendu, tout comme aux États-Unis, la production industrielle et les ventes aux détail.

La séance en cours

A 9 heures, chez nous, les valeurs belges devaient en effet entamer une tentative de rebond, avec un indice Bel 20 en hausse de 3,99%. Un démarrage insuffisant à récupérer les pertes de la veille, toutefois, et clairement aligné sur les contrat sur indices cotés à New York. Et surtout un démarrage teinté de la plus grande volatilité. Avec d'entrée de jeu la pression continue sur les actions AB InBev en repli d'un gros pour-cent. La reprise la plus nette est à mettre ce matin aux actions du groupe Barco, massacrées la veille et en rebond de près de 12% à l'ouverture. Colruyt qui avait bien résisté la veille groupe de 7%, puis les hausses s'effilochent sur les valeurs de l'indice de 5% pour Sofina, à 0% pour Ontex. ING est en repli d'un peu moins de 1%. 

A 9h30, la tendance est déjà devenue plus incertaine. Des vendeurs reviennent à la charge sur WDP, Aperam, ING, Cofinimmo et Galapagos. 

A 10 H. Rien ne va plus.  La tendance s'est déjà retournée. Les écarts négatifs se creusent et on ne compte plus, parmi les valeur de l'indice Bel 20, que 6 valeurs en hausse: Colruyt, Ontex, Proximus, UCB, Sofina et AVH. 

Comment ça se passe chez nos voisins? A l'ouverture, Paris, le CAC 40 prend 3,7%, Amsterdam prend 2,3%, Francfort est à l'équilibre, Londres monte de 2,86% tout comme l'indice Eurostoxx 50. Mais à 10 heures, la tendance se retourne comme à Bruxelles, et les ventes reprennent. 

Sur le marché des changes, l'euro souffle après sa hausse de la veille face au dollar, et se replie de 0,38% à 1,1128 dollar. L'once d'or cède pour sa part 1,32% à 1.482 dollars. Explication des opérateurs à propos de cette faiblesse de "la" valeur refuge par excellence: les gros portefeuilles ont besoin de liquidités pour couvrir des positions déficitaires... Petit rebond du pétrole enfin, sur les marchés à terme des matières premières. Le baril qualité Brent récupère 3,59% à 30,91 dollars. Il était tombé la veille juste sous les 30 dollars.