Les marchés européens devraient continuer à perdre du terrain jeudi dans le sillage de la propagation de nouveaux cas de coronavirus et des menaces américaines de nouveaux droits de douane sur des produits importés de la zone euro.

"Les indices européens devraient ouvrir en baisse ce matin dans le sillage de la résurgence des tensions commerciales entre Washington et le reste du monde et le rebond des nouveaux cas de coronavirus", anticipe John Plassard, spécialiste de l'investissement chez Mirabaud.

Le rythme des contaminations s'est accéléré de manière alarmante jeudi aux Etats-Unis, notamment au Texas et en Floride, tandis que le Fonds monétaire international a dressé des perspectives encore plus sombres que prévu pour l'économie mondiale.

"Il y a un risque que le mouvement de ventes des actions s'accélère dans un contexte d'espoirs de reprise anéantis", estime de son côté Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank

Selon lui, "la correction à la baisse sera plus marquée sur les principaux indices bien que les attentes de nouvelles mesures budgétaires et monétaires devraient venir à la rescousse avant que le marché ne tourne au bain de sang".

Mercredi, les chiffres liés au coronavirus puis les prévisions du FMI et la détérioration des relations entre l'Union Européenne et les Etats-Unis ont sérieusement inquiété les marchés.

Le Fonds monétaire international a prévenu que la reprise après cette "crise pas comme les autres" serait plus lente qu'espéré.

Ainsi, l'économie mondiale devrait reculer de 4,9% cette année: bien plus que les 3% anticipés en avril en plein coeur de la pandémie, quand le FMI soulignait déjà qu'il s'agissait de la pire crise depuis la Grande Dépression des années 1930.

Le sud des Etats-Unis est devenu le point chaud de l'épidémie dans la première puissance économique mondiale, dont le PIB devrait s'effondrer de 8% cette année, bien au-delà des 5,9% de recul estimés en avril.

Le seuil des dix millions de cas de Covid-19 dans le monde devrait être atteint la semaine prochaine alors que l'épidémie n'a pas encore atteint son pic dans la région des Amériques, a averti mercredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Autre point noir: la Commission européenne s'est dite "préoccupée" mercredi soir après que l'administration américaine a allongé encore sa liste d'une trentaine de nouveaux produits européens susceptibles d'être frappés de taxes punitives et dont les importations aux Etats-Unis se montent à quelque 3,1 milliards de dollars.

"Tout bien pesé, les sommes d'argent ne sont pas si énormes mais un conflit commercial est la dernière chose dont on a besoin en ce moment", commente David Madden, analyste pour CMC Markets.

Au cours de la séance, les investisseurs seront attentifs aux commandes de biens durables aux Etats-Unis, qui donneront un aperçu de la puissance du rebond sur le mois de mai et à la dernière estimation de la croissance américaine du 1er trimestre.