Comme nous l'écrivions lundi dans ces colonnes numériques, les gestionnaires ont tenté de prendre la mesure des risques pour les valeurs cotées, et ils commencent à ramasser du papier de qualité en Bourse. On l'a vu, des entreprises de la distribution comme Colruyt ou Ahold Delhaize, ont bien résisté à la vague de dégagements. Colruyt affiche même une belle progression depuis le début de l'année. Les pharmaceutiques sont également suivies du coin de l'oeil.

Une autre baisse? Possible

Est-ce que cela signifie pour autant que les marchés ne peuvent plus baisser? Malheureusement, non. Même après la chute historique de ces dernières semaines, rien n'est exclu. Les bons gestionnaires verront de toute manière dans un tel mouvement une occasion de refaire le plein. On évoque souvent dans le milieu boursier la parabole du bon vin qui dit que si vous achetez une bonne bouteille à 25 euros aujourd'hui et que demain vous voyez la même bouteille à 15 euros, vous aurez plutôt tendance à en acheter une deuxième à ce prix, plutôt que de revendre la première. Le principe? Établir un prix moyen plus bas que celui de la première acquisition. En Bourse, c'est la même chose. Pour l'heure, on assiste en Bourse à un vaste mouvement de consolidation. Les marchés testent un niveau plancher. Ça se calme.

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Mais, pourquoi acheter? Parce que, si la situation de l'économie mondiale est (très, très, très...) préoccupante, les autorités financières et les gouvernements ont clairement pris la mesure des choses, et ont amorcé les (très, très, très...) grandes manoeuvres. Hier, la Réserve fédérale américaine (Fed), a fait dans le (très, très, très...) inédit. Elle a annoncé, sans rire, qu'elle ouvrait tout grand les robinets de cash pour soutenir les marchés financiers et les entreprises. Tout grand? Oui, on parle ici de liquidités "illimitées". C'est du jamais vu, même si, en des termes plus discrets, la Banque centrale européenne a laissé comprendre qu'elle pourrait encore faire bouger les choses en cas de besoin, quoi que cela coûte. Ceci expliquant la hausse des marchés ce mardi.

L'indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles était en hausse de 4,89% mardi matin, à 2.794 points, peu après l'ouverture. L'indice phare suivait ainsi ses vis-à-vis européens. La Bourse de Paris bondissait de 4,43% à 4.087,61 points, dans le sillage de la clôture de la Bourse du Tokyo en nette hausse, l'indice vedette Nikkei finissant sur un bond de 7,13%.

En Allemagne, le Dax de la Bourse de Francfort grimpait de 5,7% à l'ouverture.

La Bourse de Londres augmentait, quant à elle, de 3,95%.

Dans le Bel 20, toutes les entreprises étaient franchement dans le vert mardi matin, même AB Inbev qui a pourtant annoncé retirer ses prévisions pour 2020 en raison de l'incertitude liée à l'épidémie du Covid-19.