Les marchés européens ont rebondit à l'ouverture ce lundi, après avoir vécu, la semaine passée, le pire exercice depuis 2008.

"Après une semaine catastrophique en termes de pertes, l'atmosphère s'est quelque peu détendue pour le moment", même si "l'inquiétude demeure", commente Milan Cutcovic, analyste chez AxiTrader.

L'ensemble des bourses mondiales a connu la semaine dernière l'une de ses pires séquences depuis la crise financière de 2008-2009, perdant plus de 12%, plombée par les inquiétudes sur la propagation du coronavirus dans le monde, et ses conséquences pour l'économie.

Le coronavirus continue de s'étendre en Europe. L'Italie, principal foyer de l'épidémie sur le continent, a enregistré dimanche près de 500 contaminations en 24 heures. Le nombre de cas a bondi à 129 en Allemagne.

Pour faire face à l'épidémie de nouveau coronavirus, qui a fait plus de 3.000 morts dans le monde, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pressé dimanche les pays à travers le monde à s'approvisionner en dispositifs médicaux d'assistance respiratoire.

Alors que l'épidémie continue de s'aggraver dans plusieurs pays, les conséquences économiques se font d'ores et déjà ressentir. L'effondrement de l'activité manufacturière en Chine en février a été confirmé lundi par un indice indépendant, tombé au plus bas niveau jamais enregistré, reflet de la paralysie provoquée par l'épidémie du nouveau coronavirus.

Les investisseurs regarderont de près ceux de la zone euro et aux États-Unis attendus dans la journée ainsi que les prévisions de croissance de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) pour 2020.

Impact sur la croissance

En Corée du sud, deuxième pays le plus touché par l'épidémie avec plus de 4.000 personnes contaminées, la banque centrale a révisé jeudi à la baisse sa prévision de croissance pour 2020 à 2,1%.

En France, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dit sur France 2 s'attendre à un impact de l'épidémie du coronavirus sur la croissance "beaucoup plus significatif" que ce qu'il prévoyait jusqu'à présent, à savoir 0,1 point. Il s'est dit prêt à "débloquer ce qu'il faudra" pour venir en aide aux entreprises françaises. Il attend également "une action concertée" du G7 et des pays de la zone euro.

Dans ce contexte, le marché espère que les banques centrales vont intervenir pour soutenir l'économie au travers de politique monétaire accommodante.

Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell s'est dit prêt vendredi à agir pour soutenir l'économie américaine si celle-ci était durement affectée par le coronavirus, laissant la porte ouverte à une prochaine baisse des taux directeurs américains, actuellement dans une fourchette de 1,50% à 1,75%.

La Banque centrale du Japon (BoJ) s'est pour sa part engagée lundi à intervenir pour garantir la stabilité des marchés financiers, redonnant ainsi du baume au coeur à la Bourse de Tokyo

Le point à l'ouverture:

  • La Bourse de Paris a ouvert en fort rebond lundi (+1,99%), emboîtant le pas aux Bourses chinoises et du Golfe. A 9h, l'indice CAC 40 prenait 106,12 points à 5.416,02 points. Vendredi, la cote parisienne avait fini en très forte baisse à 5.309,90 points, portant ses pertes cumulées sur la semaine à environ 12%;
  • La Bourse de Londres rebondissait de plus de 2% à l'ouverture lundi. L'indice FTSE 100 des principales valeurs cotées prenait 2,47% à 6.743,05 points à 08H07 GMT. La semaine dernière, il avait dévissé de plus de 11%, la pire dégringolade hebdomadaire depuis 2008;
  • La Bourse de Francfort a repris des couleurs lundi, avec un indice Dax en hausse de 1,50%. A 9h20, le Dax prenait 178,75 points à 12.069,10 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes gagnait 1,64% à 25.782,43 points.