Les marchés européens se tiennent sur leur garde ce mercredi avant de connaître le contenu de l'accord commercial qui doit être signé dans l'après-midi entre les Etats-Unis et la Chine.

A titre indicatif, notre Bel 20 national cédait seulement 0,02%, le Cac 40 parisien 0,08%, le FTSE 100 londonien 0,12%. La Bourse de Francfort, plus fébrile, perdait 0,27%.

"L'accord commercial de phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine doit être signé ce mercredi à la Maison Blanche. Ce n'est rien d'autre qu'un cessez-le-feu, certainement pas la résolution définitive de tous les différends entre les deux pays", a estimé dans une note Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

Donald Trump doit parapher mercredi à 16H30, en présence du vice-Premier ministre chinois Liu He, un accord synonyme de trêve à la guerre commerciale avec la Chine, adressant un signal d'apaisement à sa base à l'aube d'une année électorale qui débute par un retentissant procès en destitution.

"Les investisseurs sont désormais dans l'attente du contenu de l'accord, mais les marchés font le pari que l'accalmie va durer au moins jusqu'aux élections présidentielles américaines", a poursuivi M. Le Liboux.

Même si "le risque d'une escalade supplémentaire a désormais disparu, ce qui doit être salué, les taxes (douanières) sont toujours plus élevées aujourd'hui qu'il y a deux ans, et ne devraient pas baisser à court terme", a relativisé pour sa part Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

L'administration Trump a en effet indiqué mardi que les Etats-Unis allaient maintenir à l'avenir les tarifs douaniers déjà en place sur les importations venues de Chine.

"L'administration Trump a révélé un détail que personne n'attendait juste avant la signature: les baisses de droits de douane ne prendront pas effet avant les élections américaines de novembre", note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.

Cette information entretenait la prudence sur les marchés qui avaient intégré depuis des semaines la baisse des tensions commerciales qui ont lourdement pesé sur la croissance mondiale ces derniers mois.

Un bémol qui "augmente le risque de nouvelles tensions entre les deux parties indépendamment des progrès réalisés", juge Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader.

Après tout, "de nombreux problèmes dans ce conflit restent ouverts et le président Trump demeure imprévisible", ajoute-t-il.

Agenda

Les premiers résultats annuels de valeurs américaines semblent eux encourageants. "Les investisseurs sont désormais optimistes quant à la suite de la saison des bilans et espèrent un nouvel élan pour Wall Street et donc aussi pour le Dax", selon M. Cutkovic.

Le marché prendra connaissance de la première estimation du PIB 2019 de l'Allemagne, qui devrait témoigner d'une croissance en nette perte de vitesse.

Au Royaume-Uni, le marché guettera dans la matinée les chiffres de l'inflation britannique pour décembre, qui seront scrutés par la Banque d'Angleterre au moment où plusieurs de ses membres envisagent une baisse de taux pour soutenir l'économie.

En matière d'indicateurs, la hausse des prix à la consommation s'est accélérée en France au mois de décembre, à 1,5% sur un an, après 1% en novembre, soutenue par un net rebond des prix de l'énergie, selon les chiffres définitifs de l'Insee publiés mercredi.

Le marché doit encore prendre connaissance des chiffres de l'inflation britannique du mois dernier ainsi que de la première estimation du PIB 2019 de l'Allemagne, qui devrait témoigner d'une croissance en nette perte de vitesse.

Aux Etats-Unis, l'indice d'activité manufacturière de la région de New York (Empire State) complètera l'agenda.

Titres en action

Sur le front des valeurs, un tribunal new-yorkais doit examiner à compter de mercredi les arguments du géant allemand des télécoms DEUTSCHE TELEKOM (+0,46% à 14,71 euros), qui veut fusionner sa filiale T-Mobile avec le plus petit rival américain Sprint, tandis que plus de dix Etats fédéraux américains contestent cette fusion.

DEUTSCHE BANK (-1,01% à 7,68 euros) fermait la marche en Bourse de Francfort, ne bénéficiant pas du bénéfice record annoncé mardi par sa rivale américaine JP Morgan en 2019 et avant la publication mercredi des résultats de Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America.

Altran Technologies montait de 2,56% à 14,41 euros pour sa reprise de cotation. Le titre avait été suspendu la veille à la demande de l'AMF après que Capgemini (-0,44% à 113,75 euros) a remonté mardi à la dernière minute son prix d'achat sur Altran pour réussir une opération à l'issue encore incertaine.

Safran bénéficiait (+1,27% à 139,35 euros) d'un relèvement de sa recommandation à "acheter" contre "neutre" auparavant par Goldman Sachs.

ADP cédait 0,73% à 176,60 euros. Le trafic des aéroports parisiens a enregistré une hausse de 2,5% en 2019 pour atteindre un total de 108 millions de passagers accueillis à Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly et a été affecté en décembre par les grèves.

PSB Industries refluait de 3,54% à 19,10 euros, pénalisé par la dégradation de son activité qui s'est accentuée en fin d'année.

GL Events prenait en revanche 1,69% à 24,05 euros, fort d'une activité qui a bondi lors de l'exercice écoulé, à la faveur d'un excellent quatrième trimestre.

Thermador tirait de son côté profit (+3,10% à 53,20 euros) d'une cadence toujours soutenue en fin d'exercice, après un troisième trimestre déjà jugé "exceptionnel" dans certaines de ses branches d'activité.

PERSIMMON (+0,32% à 2.805,00 pence): le groupe de construction a dévoilé une baisse de ses ventes pour l'année 2019, en raison du coût des mesures pour améliorer la qualité de service proposé à ses clients, mais ses profits devraient être conformes aux attentes.

SSE PROGRESSE (+0,48% à 1.465,50 pence): le fournisseur d'énergie a bouclé la vente de ses activités pour les particuliers au groupe Ovo pour 500 millions de livres, ce qui permet de créer le numéro deux d'un secteur très concurrentiel.

TULLOW OIL SOUFFRE (-1,66% à 58,20 pence): le groupe pétrolier, coté en dehors de l'indice FTSE-100, va passer dans ses comptes une dépréciation de 1,5 milliard de livres correspondant à une révision en baisse de ses estimations des prix du brut et à des échecs rencontrés dans l'exploration.