Les marchés européens étaient sur le point de poursuivre vendredi à l'ouverture sa phase de correction entamée en début de semaine, sur fond d'inquiétudes d'ordre économique et sanitaire.

Le contrat à terme sur le CAC 40 reculait de 0,75% une trentaine de minutes avant l'ouverture de la séance. La veille, il avait dévissé de 4,71% à 4.815,60 points.

Wall Street a sombré dans le rouge jeudi, connaissant sa pire séance depuis son plongeon du mois de mars.

"La morosité de Wall Street s'est étendue à l'Asie (...). Les indices européens devraient ouvrir légèrement en recul", écrit David Madden, analyste pour CMC Markets.

Jeudi, "les marchés ont replongé dans la folie de février, les craintes d'une possible deuxième vague de Covid-19 ayant déclenché d'intenses mouvements de ventes", rappelle l'expert.

Néanmoins, ce violent recul des indices est à replacer dans le contexte de trajectoire haussière que suivent les marchés depuis plusieurs semaines.

Les investisseurs semblaient jusque-là convaincus par le soutien budgétaire et monétaire sans précédent au niveau mondial que le point bas de l'activité économique avait été atteint.

Ils ne paraissaient pas non plus préoccupés par le risque d'une rechute de la pandémie qui a fait plus de 417.000 morts à ce jour.

Mais des chiffres inquiétants sur la situation sanitaire aux Etats-Unis et les dernières prévisions économiques de la banque centrale américaines après celles de l'OCDE ont fait dérailler la dynamique haussière.

Les Etats-Unis, pays le plus touché au monde, continue à enregistrer autour de 20.000 nouveaux cas chaque jour, et peine à redescendre de ce plateau.

Les derniers chiffres de contaminations au Texas et en Californie et ceux du Brésil, qui a franchi jeudi le seuil des 40.000 morts du coronavirus ne vont pas dans le sens d'une amélioration.

Et l'avertissement de l'Organisation mondiale de Santé (OMS) concernant l'Afrique, où la propagation du nouveau coronavirus s'accélère, ne rassure pas non plus les opérateurs de marché.

En effet, une deuxième vague épidémique pourrait ralentir la reprise économique alors que la conjoncture est déjà bien sombre.

"L'incertitude a surtout trait à la reprise économique attendue en 2021", note de son côté Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

"Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte et, surtout, beaucoup de points d'interrogation demeurent concernant les effets d'hystérèse liés au coronavirus et qui peuvent avoir un effet de long terme sur les comportements d'investissement et de consommation", ajoute-t-il.

Aux Etats-Unis, la Fed prévoit notamment une baisse de 6,5% du produit intérieur brut cette année avant un fort rebond de 5% en 2021 et une croissance plus modeste (3,5%) l'année suivante.

Les investisseurs regarderont de près l'estimation préliminaire de la confiance des consommateurs américains (Université du Michigan) de juin et la production industrielle en zone euro (avril).

Ils ont déjà pris connaissance de l'effondrement de 20,4% du produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni en avril sur un mois, en raison du confinement mis en place face à la pandémie et du plongeon de 9,8% en avril sur un mois de la production industrielle au Japon.