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Sur les places financières européennes, les intervenants se montrent inquiets vendredi de l'éclatement inattendu de la coalition populiste en Italie. Alors qu'ils étaient soulagé ces derniers jours par l'absence de nouvelle escalade dans la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Malgré le regain d'optimisme à Wall Street et l'accalmie sur le front commercial, les investisseurs européens "redoutent les risques politiques sur leur propre continent", à commencer par la crise ouverte en Italie par la fin de l'attelage gouvernemental monté il y a quatorze mois, estime Milan Cutkovic, stratégiste chez AxiTrader.

"En Europe, l'attention des investisseurs va se reporter sur l'Italie, alors que Matteo Salvini a donné le coup d'envoi de la course vers de nouvelles élections législatives", a noté Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC..

L'homme fort du gouvernement italien et chef de la Ligue a créé la surprise jeudi soir: il a réclamé des élections anticipées, faisant éclater la coalition populiste instaurée il y a 14 mois avec son allié du Mouvement 5 Etoiles et provoquant une crise à l'issue incertaine.

La veille, "les indices boursiers avaient bénéficié d'une forte hausse", alors que le yuan est descendu moins que prévu, "évitant des remous" aux marchés, a observé pour sa part David Madden, un analyste de CMC Markets.

Jeudi, la Banque centrale chinoise a abaissé le taux de sa devise par rapport au billet vert, mais dans la fourchette des attentes des marchés financiers, qui ont interprété cette décision comme un signal positif.

Signe que les tensions sont loin d'être évacuées, le département américain du Commerce a annoncé dans la soirée l'imposition de droits compensateurs sur des milliards de dollars d'importations de placards de cuisine et d'armoires de salles de bains fabriqués en Chine.

Du côté des indicateurs, les prix à la production se sont inscrits en baisse le mois dernier en Chine pour la première fois depuis trois ans, un nouveau signe inquiétant pour la deuxième économie mondiale en pleine guerre commerciale avec les États-Unis.

L'excédent commercial en Allemagne s'est tassé en juin par rapport à mai, et les exportations ont plongé de 8,0% sur un an, des données "qui rendent plus probable une contraction du PIB du deuxième trimestre" attendu mercredi prochain, selon Carsten Brzeski, économiste de la banque ING.

En France, la production industrielle a connu un net recul au mois de juin et l'Allemagne a enregistré en juin un excédent commercial en léger recul par rapport à mai.

Les investisseurs se préparaient à la publication dans la matinée de la première estimation de la croissance britannique au deuxième trimestre. Les économistes s'attendent à une stagnation de l'activité du fait des incertitudes du Brexit et après un bon début d'année.

"Un ralentissement de la croissance au Royaume-Uni ne serait pas une surprise. Mais si elle était bien plus faible que prévu cela pourrait mettre sous pression la livre", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group.